Désir et technologies

21, août 2013  |  Publié : Ecologie de l'attention, Events, Séminaires  | 

Désir et technologies

Destins du désir / devenirs de l’amateur : adolescence, subjectivations, addictions, dans le contexte des industries culturelles

Séminaire de l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou, organisé avec la collaboration de l’Hôpital Marmottan et de L’Ecole Doctorale de Recherche en Psychanalyse (CEPP) de l’Université Paris VII.

Sous la direction de Mathilde Girard (psychologue-psychothérapeute et philosophe).

A partir des figures de l’enfant et de l’adolescent aujourd’hui investies par une multiplicité de discours – sociologiques, philosophiques, psychologiques, mais politiques et médiatiques également -, il s’agirait ici de revenir sur ce que représentent ces catégories de la population au regard du processus de « modernisation », et sur la fonction politique de leur singularisation. Entre les parts de marché qu’elles représentent (l’exemple de la création de la nouvelle chaîne télévisée Baby first est de ce point de vue très éloquent), les interrogations et les inquiétudes qu’elles soulèvent dans le champ social et les enjeux psychanalytiques qu’elles recouvrent, comment distinguer les repères anthropologiques propres à la construction de la subjectivité des pathologies spécifiquement contemporaines ? Comment comprendre et analyser, avec les outils de la métapsychologie, les formes actuelles de désorganisation psychique des sujets au contact d’une machine capitalistique dévorante et destructrice ? Si par exemple l’opposition, le refus, pouvaient être identifiées comme des modalités d’expression et d’apparition de subjectivités avec lesquelles il nous faut toujours en découdre, comment le « trouble oppositionnel avec provocation » (TOP) est-il devenu un « trouble des conduites » suivant les résultats de l’enquête menée par L’Inserm en 2005 ? Si l’enfance et l’adolescence font symptôme, il convient de s’attarder sur les déterminants de ces manifestations, leur origine et leur valeur d’usage.
Dans le cadre d’une réflexion sur les industries culturelles, et à l’aide des développements critiques que propose la philosophie contemporaine, il s’agirait d’élaborer les enjeux politiques posés par l’enfant et l’adolescent dans leur rapport aux objets, aux nouvelles technologies, quand ceux-ci en font des consommateurs abusifs, captifs, ou lorsqu’ils engagent au contraire des capacités de jugement et des processus de subjectivation inédits.
Nous proposerons ainsi de mobiliser l’actualité de la notion de jeu, à partir des écrits sur l’enfance de Benjamin, de Baudelaire, de Bataille et des analyses plus récentes de Deleuze et Agamben ; il s’agirait de mettre en évidence la fonction inaugurale du jeu, de la manipulation des objets par l’enfant dans l’activité créatrice, l’expérience esthétique et la sublimation. Le jeu apparaissant comme fondateur d’une relation transitionnelle d’un sujet aux objets qui l’environnent, au travers de différentes étapes de cette relation : saisir l’objet, le regarder, l’ouvrir, le casser, le perdre, le retrouver…
Des passerelles pourront se tisser entre ces expériences philosophiques et la théorie psychanalytique qui fit du jeu le moment premier de la symbolisation et de la capacité d’imaginer ; la scène du fort/da décrite par Freud dans Au Delà du principe de plaisir, ainsi que les caractéristiques de l’objet transitionnel « créé-trouvé » déployées par Winnicott étayeront notre élaboration.
A partir de la distinction établie par Winnicott entre play et game, nous avancerons vers la problématique adolescente et les nouveaux modes de relation qu’elle met en place avec l’objet, dans le cas des addictions (le jeu pathologique), des pathologies dites « narcissiques », des conduites ordaliques, entre autres. Partant de l’analyse de ces comportements, à la jointure de la psychopathologie et de la sociopathologie, nous tenterons de mettre en évidence les différents processus de subjectivation que recouvrent ces expressions de l’adolescence, qu’ils soient positifs ou négatifs, en établissant des liens avec leurs manifestations sociales et politiques. C’est alors plus largement sur la possibilité d’aborder l’adolescence sous l’angle de l’événement, de l’expérience et de la transmission que nous souhaitons nous pencher.
Au cours de cette réflexion, où la question du désir, de ses définitions, de son caractère intempestif, seront un repère essentiel, nous avancerons dans un dialogue entre concepts psychanalytiques et philosophiques : ainsi, la symbolisation, la sublimation, n’iront pas sans une élaboration politique de la mémoire, de l’expérience, et de l’histoire ; c’est ensemble que nous tenterons de penser les modalités disciplinaires, biopolitiques, psychologiques, par lesquelles s’exerce le pouvoir (B.Stiegler invite ainsi à penser la notion de « psychopouvoir ») et les pratiques de soi, les subjectivations et résistances qui en découlent ou s’en émancipent.
Nous tenterons de mobiliser ces questions par le développement de la figure l’amateur, par opposition à celle du consommateur (de télévision, de ritaline) dans le contexte des industries culturelles et de la médicalisation de la société.
Dans le cadre d’une organisation associant l’Institut de recherche et d’rnnovation du Centre Pompidou, l’Hôpital Marmottan, L’Ecole Doctorale de Recherche en Psychanalyse (CEPP) de l’Université Paris VII et travaillant à la préparation d’un colloque sur la question du désir prévu en 2010, le séminaire se propose d’agencer des interventions théoriques et cliniques à partir de différents axes de travail :

L’enfant et l’objet aux origines de la symbolisation

* L’objet – l’espace transitionnel
* L’utilisation de l’objet, la créativité et la symbolisation
* L’objet/ la technique
* Du play au game

Destins de l’objet et du désir à l’adolescence

* Addictions et pathologies narcissiques
* Le jeu pathologique
* Conduites ordaliques
* Le contact des images
* Le cas de la pornographie

L’enfance et l’adolescence : nouvelles catégories à risques

* De la psychopathologie à la sociopathologie : quels enjeux politiques ?
* Retour sur « les troubles du comportement » et l’étude de l’INSERM en 2005.
* L’adolescent, le passage à l’acte : clinique du fait divers
* L’adolescent et l’événement : retour sur le soulèvement des banlieues en novembre 2005.

Subjectivations – Désir et technique

* Processus de subjectivation à l’adolescence
* L’avenir de l’amateur : du désir dans la culture ?
* Actualité des enjeux capitalistiques dans l’économie libidinale

La mémoire, l’archive et la transmission

* Expérience et mémoire
* Hypomnemata
* Technologies de l’Esprit
* Appareils

format pdfBibliographie sur le jeu et le jeu pathologique par Clotilde Carrandié de l’hôpital Marmottan

Accès Sur invitation: contact(at)iri.centrepompidou.fr

Lieux: Salle du collège

Dates et horaires : de 18h à 20h, les jeudis suivants:

  • 17 janvier 2008 : ouverture du séminaire par Mathilde Girard : « Enfance et politique du jeu à partir de Dr Mabuse, le joueur de Fritz Lang ».
  • 31 janvier 2008 : Bernard Stiegler: « Considérations sur l’amateur d’un point de vue pharmacologique »; interviendront également François Richard, Marc Valleur et l’équipe de l’Hôpital Marmottan.
  • 21 février 2008 : Tristan Garcia-Fons (pédopsychiatre et psychanalyste) : « La fabrique du trouble de l’enfant et de l’adolescent », Philippe Bazin (photographe) : « Larry Clark – le corps du délit » et Georges Didi-Huberman (philosophe et historien de l’art).
  • 13 mars 2008 : Stéphane Nadaud (pédopsychiatre, praticien hospitalier et philosophe, rédacteur en chef de la revue Chimères) : « L’adolescence comme nouveau paradigme du travail institutionnel en clinique hospitalière » et Philippe Giesberger (infirmier et cadre de santé, secteur i03 de Ville-Evrard) : « Rencontre avec des adolescents en pédopsychiatrie en direct de l’unité adolescents 93 ». SALLE STRAVINSKY, IRCAM
  • 3 avril 2008 : Christiane Vollaire (philosophe, enseignante en philosophie et membre du comité de rédaction des revues Drôle d’époque et Pratiques) : « Puissances de reproduction ».
  • 17 avril 2008 : Alain Brossat (philosophe, professeur de philosophie à l’Université Paris VIII et membre du comité de rédaction des revues Lignes et Drôle d’époque) : à partir d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick, « Le grand jeu d’Alex » et Eric Toubiana (psychanalyste, maître de conférence à l’Université Paris VII Denis Diderot et psychothérapeute hospitalier) : « Le Divan électrique ».
  • 15 mai 2008 : Marc Valleur, Eric Toubiana, Paul-Laurent Assoun : « Addictions et pratiques ordaliques ».
  • 22 mai 2008 : Jean-Louis Déotte (philosophe et professeur de philosophie à Paris VIII) : « Les Immatériaux de Jean-François Lyotard et le Double Plateau de Daniel Buren », Emine Sarikartale (doctorante en philosophie à Paris VIII) : « Enfance et postmodernité chez Lyotard », et Marta Hernandez (doctorante en philosophie à Paris VIII) : « La question de la khôra dans Les Immatériaux ».
  • 5 juin 2008 : Elisabeth Belmas (historienne du jeu) : « La question des jeux d’argent ».
  • 26 juin 2008 : Elisabeth Rossé (psychologue), Thomas Gaon, Serge Tisseron (psychiatre et psychanalyste) : « Autour des jeux vidéos ».

17-01-2008 : « Enfance et politique du jeu à partir de Dr Mabuse, le joueur de Fritz Lang ».

par Mathilde Girard (psychologue, psychothérapeute et philosophe

31-01-2008 : « Considérations sur l’amateur d’un point de vue pharmacologique »

Par Bernard Stiegler (IRI); interviendront également François Richard, Marc Valleur et l’équipe de l’Hôpital Marmottan.

21-02-2008 : « La fabrique du trouble de l’enfant et de l’adolescent » et « Larry Clark – le corps du délit »

Par Tristan Garcia-Fons (pédopsychiatre et psychanalyste), Philippe Bazin (photographe) et Georges Didi-Huberman (philosophe et historien de l’art)

13-03-2008 : « L’adolescence comme nouveau paradigme du travail institutionnel en clinique hospitalière » et « Rencontre avec des adolescents en pédopsychiatrie en direct de l’unité adolescents 93 »

Par Stéphane Nadaud (pédopsychiatre, praticien hospitalier et philosophe, rédacteur en chef de la revue Chimères) et Philippe Giesberger (infirmier et cadre de santé, secteur i03 de Ville-Evrard)

3-04-2008 : « Puissances de reproduction »

Par Christiane Vollaire (philosophe, enseignante en philosophie et membre du comité de rédaction des revues Drôle d’époque et Pratiques)

17-04-2008 : à partir d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick, « Le grand jeu d’Alex » et « Le Divan électrique »

Par Alain Brossat (philosophe, professeur de philosophie à l’Université Paris VIII et membre du comité de rédaction des revues Lignes et Drôle d’époque) et Eric Toubiana (psychanalyste, maître de conférence à l’Université Paris VII Denis Diderot et psychothérapeute hospitalier)

15-05-2008 : « Addictions et pratiques ordaliques »

Par Marc Valleur, Eric Toubiana, Paul-Laurent Assoun

22-05-2008 : « Les Immatériaux de Jean-François Lyotard et le Double Plateau de Daniel Buren » et « Enfance et postmodernité chez Lyotard »

Par Jean-Louis Déotte (philosophe et professeur de philosophie à Paris VIII)

5-06-2008 : « La question des jeux d’argent »

Par Elisabeth Belmas (historienne du jeu)

26-06-2008 : « Autour des jeux vidéos »

Par Elisabeth Rossé (psychologue), Thomas Gaon, Serge Tisseron (psychiatre et psychanalyste)

Désir et technologies

Destins du désir / devenirs de l’amateur : adolescence, subjectivations, addictions, dans le contexte des industries culturelles

Séminaire de l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou, organisé avec la collaboration de l’Hôpital Marmottan et de L’Ecole Doctorale de Recherche en Psychanalyse (CEPP) de l’Université Paris VII.

Sous la direction de Mathilde Girard (psychologue-psychothérapeute et philosophe).

A partir des figures de l’enfant et de l’adolescent aujourd’hui investies par une multiplicité de discours – sociologiques, philosophiques, psychologiques, mais politiques et médiatiques également -, il s’agirait ici de revenir sur ce que représentent ces catégories de la population au regard du processus de « modernisation », et sur la fonction politique de leur singularisation. Entre les parts de marché qu’elles représentent (l’exemple de la création de la nouvelle chaîne télévisée Baby first est de ce point de vue très éloquent), les interrogations et les inquiétudes qu’elles soulèvent dans le champ social et les enjeux psychanalytiques qu’elles recouvrent, comment distinguer les repères anthropologiques propres à la construction de la subjectivité des pathologies spécifiquement contemporaines ? Comment comprendre et analyser, avec les outils de la métapsychologie, les formes actuelles de désorganisation psychique des sujets au contact d’une machine capitalistique dévorante et destructrice ? Si par exemple l’opposition, le refus, pouvaient être identifiées comme des modalités d’expression et d’apparition de subjectivités avec lesquelles il nous faut toujours en découdre, comment le « trouble oppositionnel avec provocation » (TOP) est-il devenu un « trouble des conduites » suivant les résultats de l’enquête menée par L’Inserm en 2005 ? Si l’enfance et l’adolescence font symptôme, il convient de s’attarder sur les déterminants de ces manifestations, leur origine et leur valeur d’usage.
Dans le cadre d’une réflexion sur les industries culturelles, et à l’aide des développements critiques que propose la philosophie contemporaine, il s’agirait d’élaborer les enjeux politiques posés par l’enfant et l’adolescent dans leur rapport aux objets, aux nouvelles technologies, quand ceux-ci en font des consommateurs abusifs, captifs, ou lorsqu’ils engagent au contraire des capacités de jugement et des processus de subjectivation inédits.
Nous proposerons ainsi de mobiliser l’actualité de la notion de jeu, à partir des écrits sur l’enfance de Benjamin, de Baudelaire, de Bataille et des analyses plus récentes de Deleuze et Agamben ; il s’agirait de mettre en évidence la fonction inaugurale du jeu, de la manipulation des objets par l’enfant dans l’activité créatrice, l’expérience esthétique et la sublimation. Le jeu apparaissant comme fondateur d’une relation transitionnelle d’un sujet aux objets qui l’environnent, au travers de différentes étapes de cette relation : saisir l’objet, le regarder, l’ouvrir, le casser, le perdre, le retrouver…
Des passerelles pourront se tisser entre ces expériences philosophiques et la théorie psychanalytique qui fit du jeu le moment premier de la symbolisation et de la capacité d’imaginer ; la scène du fort/da décrite par Freud dans Au Delà du principe de plaisir, ainsi que les caractéristiques de l’objet transitionnel « créé-trouvé » déployées par Winnicott étayeront notre élaboration.
A partir de la distinction établie par Winnicott entre play et game, nous avancerons vers la problématique adolescente et les nouveaux modes de relation qu’elle met en place avec l’objet, dans le cas des addictions (le jeu pathologique), des pathologies dites « narcissiques », des conduites ordaliques, entre autres. Partant de l’analyse de ces comportements, à la jointure de la psychopathologie et de la sociopathologie, nous tenterons de mettre en évidence les différents processus de subjectivation que recouvrent ces expressions de l’adolescence, qu’ils soient positifs ou négatifs, en établissant des liens avec leurs manifestations sociales et politiques. C’est alors plus largement sur la possibilité d’aborder l’adolescence sous l’angle de l’événement, de l’expérience et de la transmission que nous souhaitons nous pencher.
Au cours de cette réflexion, où la question du désir, de ses définitions, de son caractère intempestif, seront un repère essentiel, nous avancerons dans un dialogue entre concepts psychanalytiques et philosophiques : ainsi, la symbolisation, la sublimation, n’iront pas sans une élaboration politique de la mémoire, de l’expérience, et de l’histoire ; c’est ensemble que nous tenterons de penser les modalités disciplinaires, biopolitiques, psychologiques, par lesquelles s’exerce le pouvoir (B.Stiegler invite ainsi à penser la notion de « psychopouvoir ») et les pratiques de soi, les subjectivations et résistances qui en découlent ou s’en émancipent.
Nous tenterons de mobiliser ces questions par le développement de la figure l’amateur, par opposition à celle du consommateur (de télévision, de ritaline) dans le contexte des industries culturelles et de la médicalisation de la société.
Dans le cadre d’une organisation associant l’Institut de recherche et d’rnnovation du Centre Pompidou, l’Hôpital Marmottan, L’Ecole Doctorale de Recherche en Psychanalyse (CEPP) de l’Université Paris VII et travaillant à la préparation d’un colloque sur la question du désir prévu en 2010, le séminaire se propose d’agencer des interventions théoriques et cliniques à partir de différents axes de travail :

L’enfant et l’objet aux origines de la symbolisation

* L’objet – l’espace transitionnel
* L’utilisation de l’objet, la créativité et la symbolisation
* L’objet/ la technique
* Du play au game

Destins de l’objet et du désir à l’adolescence

* Addictions et pathologies narcissiques
* Le jeu pathologique
* Conduites ordaliques
* Le contact des images
* Le cas de la pornographie

L’enfance et l’adolescence : nouvelles catégories à risques

* De la psychopathologie à la sociopathologie : quels enjeux politiques ?
* Retour sur « les troubles du comportement » et l’étude de l’INSERM en 2005.
* L’adolescent, le passage à l’acte : clinique du fait divers
* L’adolescent et l’événement : retour sur le soulèvement des banlieues en novembre 2005.

Subjectivations – Désir et technique

* Processus de subjectivation à l’adolescence
* L’avenir de l’amateur : du désir dans la culture ?
* Actualité des enjeux capitalistiques dans l’économie libidinale

La mémoire, l’archive et la transmission

* Expérience et mémoire
* Hypomnemata
* Technologies de l’Esprit
* Appareils

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