Les Figures de l’amateur

9, janvier 2010  |  Publié : Events, Figures de l'amateur, Séminaires  | 

Les Figures de l’amateur

Sous la direction de Jacqueline Lichtenstein, Université Paris IV.

Le terme d’amateur a perdu le sens précis qu’il avait dans la langue du XVIIème et du XVIIIème siècles. Des « particuliers », qui n’étaient ni peintres ni sculpteurs, pouvaient être élus à l’Académie royale de peinture et de sculpture en raison du goût qu’ils professaient pour les arts ; ils y siégeaient au rang d’ « amateurs ». L’usage du terme s’est depuis considérablement élargi et n’est plus aujourd’hui limité au seul domaine de l’art : on peut être amateur de bons vins comme d’opéras. Mais il s’est également déplacé du champ du goût à celui des activités. Il désigne en effet ces activités auxquelles on s’adonne par plaisir, parce qu’on aime ça, et non pour des raisons professionnelles. On peut faire du théâtre, de la peinture ou de la musique en amateur, mais aussi pratiquer le rugby ou le vélo en appartenant à une équipe d’amateurs. A la distinction ancienne entre amateurs et artistes, qui n’était pas une distinction hiérarchique puisque tous portaient le titre d’académiciens, s’est substituée l’opposition entre amateurs et professionnels qui implique une image socialement dévalorisée et dévalorisante de l’amateur, toujours suspecté de faire preuve d’amateurisme ! Nous nous proposons dans ce séminaire d’étudier la constitution puis la transformation de cette figure de l’amateur dans le champ de l’art, afin d’en saisir les raisons et les enjeux, à la fois artistiques, philosophiques, politiques et sociaux.

Accès: Sur invitation

Contact séminaire: Yves-Marie L’Hour à l’adresse contact(at)iri.centrepompidou.fr

Lieux: Salle du collège

Dates et horaires : de 17h à 19h, les mardis suivants :

  • 22 janvier 2008
  • 26 février 2008
  • 25 mars 2008
  • 8 avril 2008
  • 13 mai 2008
  • 17 Juin 2008

22 janvier 2008 : Essai d’ontologie de l’amateur

I. Les multiples usages du terme « amateur » et leurs différentes valeurs

II. Les origines d’une dévalorisation de toutes les acceptions de l’amateur à l’exception significative d’une seule
III. « Amateur » est un intraduisible
IV. La figure de l’amateur du 17ème siècle à l’Académie royale de peinture et de sculpture
V. La dérive de la figure de l’amateur et l’avènement de l’esthétique au 18ème siècle
VI. La querelle des « gens de métiers »

26 férvrier 2008 : Le rapport activité-connaissance chez l’amateur de Coypel à Valery

I. Présentation de Lignes de temps et du protocole du séminaire
II. Résumé de la séance du 22 janvier 2008
III. La réaction des gens de métiers contre les gens de lettres : les Conférences de Coypel
IV. Les rapports aux objets de l’amateur et du collectionneur dans La Dissertation de Caylus
V. La critique de Goethe à l’encontre des philosophes dans Le collectionneur et les siens
VI. Activité et rapport au passé dans la seconde Considération inactuelle de Nietzsche
VII. Conclusion avec Valery : le plaisir esthétique transcende les dichotomies philosophiques

25 mars 2008 : Figures de l’artiste en professionnel : le cas de l’intermittence du spectacle

I. Introduction : pourquoi la figure du professionnel alors qu’il est question de l’amateur
II. Portrait de l’artiste en travailleur, Pierre-Michel Menger (2002) : les arts comme laboratoire du travail en régime ultra-libéral.
III. Le régime de l’intermittence du spectacle : identité professionnelle ou précarité générale ?
IV. La dissociation du revenu et de l’emploi (allocation universelle de ressource) au nom d’une articulation neuve du travail et de la vie. Avec et contre le « capitalisme cognitif ».
V. Conclusion: instiller une réserve et réhabiliter l’amateurisme comme sphère d’improductivité pure.

8 avril 2008 : De l’amour de l’art à la pratique du dessin : figures de l’amateur au XVIIIe siècle

I. Introduction : des différents rapports des non praticiens à l’art du 17e au 18e siècles : figures du curieux, du vertueux, du connaisseur et de l’amateur
II. Définition et formation de l’amateur, entre amour de l’art et mondanité
III. Le rôle des amateurs : aider les artistes à élaborer et formuler leur « théorie » de la peinture
IV. Les discours contre la prévention du goût et l’apologie de la pratique
V. Conclusion : La différence entre pratique et maîtrise : la question de la définition de l’artiste

13 mai 2008 : Les amateurs sont-ils des artistes : Les usages sociaux et politiques du goût au 18e siècle

I. Introduction : le cadre d’une réflexion sur les usages sociaux et politiques du goût au 18e siècle
II. Définition de l’amateur et dépassement de la vision romantique de la cération : l’amateur est un opérateur-médiateur du monde de l’art
III. Promotion et légitimation de l’amateur en figure politique et modèle du goût : une réaction à la massification du public
IV. Les pratiques amateurs du dessin et de la gravure comme supports de sociabilités mondaines
V. Les Rembranesques: de l’imitation à l’admiration
VI. Conclusion: l’amateur, figure centrale du monde de l’art au 18e siècle

17 juin 2008 : Amateurs et connaisseurs de musique au 19e siècle

Les Figures de l’amateur

Sous la direction de Jacqueline Lichtenstein, Université Paris IV.

Le terme d’amateur a perdu le sens précis qu’il avait dans la langue du XVIIème et du XVIIIème siècles. Des « particuliers », qui n’étaient ni peintres ni sculpteurs, pouvaient être élus à l’Académie royale de peinture et de sculpture en raison du goût qu’ils professaient pour les arts ; ils y siégeaient au rang d’ « amateurs ». L’usage du terme s’est depuis considérablement élargi et n’est plus aujourd’hui limité au seul domaine de l’art : on peut être amateur de bons vins comme d’opéras. Mais il s’est également déplacé du champ du goût à celui des activités. Il désigne en effet ces activités auxquelles on s’adonne par plaisir, parce qu’on aime ça, et non pour des raisons professionnelles. On peut faire du théâtre, de la peinture ou de la musique en amateur, mais aussi pratiquer le rugby ou le vélo en appartenant à une équipe d’amateurs. A la distinction ancienne entre amateurs et artistes, qui n’était pas une distinction hiérarchique puisque tous portaient le titre d’académiciens, s’est substituée l’opposition entre amateurs et professionnels qui implique une image socialement dévalorisée et dévalorisante de l’amateur, toujours suspecté de faire preuve d’amateurisme ! Nous nous proposons dans ce séminaire d’étudier la constitution puis la transformation de cette figure de l’amateur dans le champ de l’art, afin d’en saisir les raisons et les enjeux, à la fois artistiques, philosophiques, politiques et sociaux.

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