Technologies de l’amateur

9, janvier 2012  |  Publié : Events, Figures de l'amateur, Séminaires  | 

Politique et technologies de l’amateur

Ce séminaire de recherche souhaite reprendre à nouveaux frais la réflexion sur la figure de l’amateur sur le terrain des pratiques culturelles, scientifiques ou politiques s’expérimentant sur Internet ou avec le mobile (impensable l’un sans l’autre désormais).

Il y a de fait une actualité de l’amateur à l’heure du dit web 2.0, ce web des usagers qui se nourrit des
user generated content. De nombreux débats sur le « culte de l’amateur » (Andrew Keen) alimentent
les billets de blogs et leurs commentaires. D’étranges néologismes ont été conçus pour typifier « ceux qui font le web » : Prosumer (Alvin Toffler), ProAm (Charles Leadbeater et Paul Miller), ou encore Produser (Axel Bruns). Ces figures hybrides visent manifestement à subsumer la frontière d’un côté, les amateurs (les usagers d’Internet ?) et de l’autre les professionnels d’Internet (mais qui sont-ils au fait ?)

L’un des enjeux de ce séminaire sera donc de questionner ce grand partage culturel hérité de la modernité entre différentes entités placées, dans le langage même, en relation d’asymétrie : un « amateur » se définit, jusqu’à présent, par rapport à un « professionnel ». A l’aune des pratiques transformatives des natifs digitaux, ces virtuoses de la remixabilité généralisée de la culture contemporaine (Photoshop Contest, parodies sur YouTube…) ou à la lumière des expérimentations de transplantation de la culture du hack et du Do-It-Yourself dans le domaine des techno-sciences (hackbio), il semble opportun de se demander si la figure de l’amateur ne renvoie pas à une « catégorie zombie » (Ulrich Beck) ?

Il s’agira donc de mettre en délibération si la catégorisation « amateur » nous met dans l’incapacité de décrire les pratiques pour elles-mêmes et leurs significations sociales ou si cette figure permet au contraire d’articuler les termes et les enjeux d’une politique de la culture, du savoir et de l’information au temps du numérique ?

Définir les termes et enjeux d’une politique contemporaine de l’amateur suppose de faire histoire et
d’inventorier l’héritage de la modernité culturelle du point de vue de ses figures et de leurs
environnements technologiques. Ce projet exige un effort d’imagination théorique pour décrire des pratiques et des usages sans les idéaliser afin de nourrir des actions publiques. Enfin, à l’heure du développement d’un capitalisme cognitif, les politiques de l’amateur touchent crucialement à la question d’un droit des publics ainsi qu’à l’économie du crowdsourcing, c’est-à-dire l’utilisation de la créativité, l’intelligence et le savoir-faire des internautes au moindre coût.

Calendrier : les vendredis de 12h30 à 14h30 :

  • 7 novembre 2008 : Présentation du séminaire avec Laurence Allard (Querelle des amateurs et tournant expressiviste) et Bernard Stiegler (IRI).
  • 19 décembre 2008 : Remix culture et droits du public, pour un fair use à la française ? avec Sébastien Canevet (Université de Poitiers) et une présentation de pratiques culturelles transformatives (musique, jeux, vidéos) avec Gustavo Gomez-Mejia (Celsa-Paris 4).
  • 9 janvier 2009 : Geek, otaku, hacker et script kiddies… une grammaire en herbe avec Nicolas Auray (ENST Paris) et Camille Paloque Bergès (Paris 8-Paragraphe).
  • 30 janvier 2009 : Photographie, audiovisuel et amateurs, une longue histoire avec Roger Odin (Paris 3) et André Gunthert (EHESS).
  • 6 février 2009 : User-Turn : une démocratie de l’usage ? avec Josiane Jouet (Paris 2-Carism) et Stéphane Vincent (la 27e région).
  • 6 mars 2009 : Le Crowdsourcing : le travail de l’amateur bénévole avec Marie-Anne Dujarier (Université Paris III, Ecole Polytechnique, LISE) et Olivier Auber (Labo Anoptique).
  • 20 mars 2009, 13h30-15h30 : Pornotube avec Paul Mathias (CIPH) et Maxime Cervulle (Paris 1 Panthéon-Sorbonne-LETA-CRICC).
  • 24 avril 2009 : Experts et amateurs dans les technosciences avec Madeleine Akrich (Mines-ParisTech) et une présentation d’expérimentations de hackbio.
  • 15 mai 2009 : Culture mobile, images amateurs et économie des échanges : Joëlle Menrath (Institut de recherche « Discours et Pratiques ») et Anne Jarrigeon (ENS-Lyon).
  • 29 mai 2009 : Politiques culturelles 2.0 : Philippe Chantepie (DEPS-Ministère de la culture et de la communication) et Joëlle Le Marec (ENS-Lyon).
  • 26 Juin 2009 : Séance de clôture.

Informations pratiques :
- Les séances des 7 novembre et 19 décembre auront lieu en Petite salle (Centre Pompidou, niveau 1 ,150 places).
- Les séances suivantes se tiendront dans la salle du Collège de l’IRI (Espace Piazza, 120 places, sur la piazza Beaubourg, salle située à droite du pot de Reynaud, près de l’ascenseur rouge).

Inscriptions ouvertes par mail à contact@iri.centrepompidou.fr
Quota de places réservé pour les partenaires du projet THD et pour les adhérents Cap Digital.

7 novembre 2008 : Présentation du séminaire

avec Laurence Allard (Querelle des amateurs et tournant expressiviste) et Bernard Stiegler (IRI).

19 décembre 2008 : Remix culture et droits du public,

pour un fair use à la française ? avec Sébastien Canevet (Université de Poitiers) et une présentation de pratiques culturelles transformatives (musique, jeux, vidéos) avec Gustavo Gomez-Mejia (Celsa-Paris 4).

9 janvier 2009 : Geek, otaku, hacker et script kiddies…

Une grammaire en herbe avec Nicolas Auray (ENST Paris) et Camille Paloque Bergès (Paris 8-Paragraphe).

30 janvier 2009 : Photographie, audiovisuel et amateurs

une longue histoire avec Roger Odin (Paris 3) et André Gunthert (EHESS).

6 février 2009 : User-Turn :

une démocratie de l’usage ? avec Josiane Jouet (Paris 2-Carism) et Stéphane Vincent (la 27e région).

6 mars 2009 : Le Crowdsourcing :

le travail de l’amateur bénévole avec Marie-Anne Dujarier (Université Paris III, Ecole Polytechnique, LISE) et Olivier Auber (Labo Anoptique).

20 mars 2009, 13h30-15h30 :

Pornotube avec Paul Mathias (CIPH) et Maxime Cervulle (Paris 1 Panthéon-Sorbonne-LETA-CRICC).

24 avril 2009 : Experts et amateurs dans les technosciences

avec Madeleine Akrich (Mines-ParisTech) et une présentation d’expérimentations de hackbio.

15 mai 2009 : Culture mobile

images amateurs et économie des échanges : Joëlle Menrath (Institut de recherche « Discours et Pratiques ») et Anne Jarrigeon (ENS-Lyon).

29 mai 2009 : Politiques culturelles 2.0

Philippe Chantepie (DEPS-Ministère de la culture et de la communication) et Joëlle Le Marec (ENS-Lyon).

26 Juin 2009 : Séance de clôture.

Politique et technologies de l’amateur

Ce séminaire de recherche souhaite reprendre à nouveaux frais la réflexion sur la figure de l’amateur sur le terrain des pratiques culturelles, scientifiques ou politiques s’expérimentant sur Internet ou avec le mobile (impensable l’un sans l’autre désormais).

Il y a de fait une actualité de l’amateur à l’heure du dit web 2.0, ce web des usagers qui se nourrit des
user generated content. De nombreux débats sur le « culte de l’amateur » (Andrew Keen) alimentent
les billets de blogs et leurs commentaires. D’étranges néologismes ont été conçus pour typifier « ceux qui font le web » : Prosumer (Alvin Toffler), ProAm (Charles Leadbeater et Paul Miller), ou encore Produser (Axel Bruns). Ces figures hybrides visent manifestement à subsumer la frontière d’un côté, les amateurs (les usagers d’Internet ?) et de l’autre les professionnels d’Internet (mais qui sont-ils au fait ?)

L’un des enjeux de ce séminaire sera donc de questionner ce grand partage culturel hérité de la modernité entre différentes entités placées, dans le langage même, en relation d’asymétrie : un « amateur » se définit, jusqu’à présent, par rapport à un « professionnel ». A l’aune des pratiques transformatives des natifs digitaux, ces virtuoses de la remixabilité généralisée de la culture contemporaine (Photoshop Contest, parodies sur YouTube…) ou à la lumière des expérimentations de transplantation de la culture du hack et du Do-It-Yourself dans le domaine des techno-sciences (hackbio), il semble opportun de se demander si la figure de l’amateur ne renvoie pas à une « catégorie zombie » (Ulrich Beck) ?

Il s’agira donc de mettre en délibération si la catégorisation « amateur » nous met dans l’incapacité de décrire les pratiques pour elles-mêmes et leurs significations sociales ou si cette figure permet au contraire d’articuler les termes et les enjeux d’une politique de la culture, du savoir et de l’information au temps du numérique ?

Définir les termes et enjeux d’une politique contemporaine de l’amateur suppose de faire histoire et
d’inventorier l’héritage de la modernité culturelle du point de vue de ses figures et de leurs
environnements technologiques. Ce projet exige un effort d’imagination théorique pour décrire des pratiques et des usages sans les idéaliser afin de nourrir des actions publiques. Enfin, à l’heure du développement d’un capitalisme cognitif, les politiques de l’amateur touchent crucialement à la question d’un droit des publics ainsi qu’à l’économie du crowdsourcing, c’est-à-dire l’utilisation de la créativité, l’intelligence et le savoir-faire des internautes au moindre coût.

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