Ma ville vue par…

16, décembre 2008  |  Publié : Non classé  | 

ProjetEtapesBinômesGénérique

De la théorie…

Dans un premier temps, les classes complètent l’analyse du film de référence fourni sur le logiciel Lignes de temps. Les films correspondent à une double nécessité : ils sont le produit d’un travail d’auteur et montrent les choix auxquels les cinéastes  sont confrontés ; la ville y tient un rôle en tant que « personnage », sans jamais n’être qu’une « option ». La ville peut être montrée de façon documentaire ou fantastique mais doit rester un lieu reconnaissable et descriptible. Espace émotionnel de rencontre entre le cinéaste et le spectateur, le film part à la découverte de la ville dans ses aspects les plus étonnants et les plus quotidiens.

Après visionnage, les élèves commentent leurs émotions face au film et vont à la recherche des éléments qui les ont suscitées. Comment s’opère la transformation de l’espace envahi par la projection de la géographie mentale du cinéaste ? Comment les émotions du réalisateur passent-elles à travers l’espace montré pour arriver au spectateur ? Comment peut-elle devenir le catalyseur des regards du cinéaste et du spectateur ?…
Ces interprétations et réflexions sur le film sont alors échangées entre classes partenaires via Lignes de temps sous forme de bout-à-bouts, occasion pour chacun d’analyser les différences de perception d’une même œuvre, d’enrichir une analyse grâce au regard de l’autre, de partager un point de vue critique, mais aussi émotionnel, sur une œuvre d’art…
…à la pratique
À ce temps de réflexion succède un temps de création, soit la réalisation d’un « film-essai » par les élèves de chaque classe. La classe écrit son projet, puis tourne un court-métrage à partir de procédés techniques de réalisation, ou « cahier des charges », définis par chaque enseignant en coopération avec son partenaire et en grande partie inspirés de l’analyse filmique du film de référence.
Il s’agit par exemple de demander aux élèves de travailler sur une contrainte purement formelle, comme les échelles de plans, ou bien thématique (la foule, les toits, l’architecture, les rues, les animaux dans la ville…) Les figures de style imposées étant identiques pour chaque partenaire du binôme afin d’offrir une base de travail commune et de pouvoir clairement identifier les différences de points de vue des réalisateurs.
Plusieurs consignes de travail sont données aux classes, telles que : montrer un monument ou un lieu représentatif, voire « cliché », de la ville et en proposer une solution filmique originale et personnelle.
La durée des rushes est limitée à vingt minutes par classe.
Ces rushes sont ensuite dérushés (un premier choix de plans) puis décrits sur Lignes de temps avant d’être envoyé à la classe partenaire. Les réalisateurs prenant ainsi du recul sur leur propre exercice, tandis que les élèves de la classe partenaire peuvent analyser les plans de l’autre et réfléchir sur les diverses étapes de la création cinématographique.
Chaque classe se trouve alors en possession de deux fichiers de rushes : le sien propre, et celui de la classe associée. Deux montages pouvant alors être effectués, offrant pour l’un un regard personnel et affectif sur sa propre ville, et pour l’autre une vision neuve et interprétative de celle du partenaire. Chaque film monté sera décrit et indexé sur Lignes de temps avant d’être envoyé à la classe partenaire, laquelle, à son tour, le commentera et le renverra à la classe réalisatrice, selon le modèle des « Regards signés » initiés par l’IRI.
En tout, chaque binôme produira, visionnera et montera le matériel de quatre courts-métrages et les étudiants pourront, à chaque étape des échanges, en débattre avec leurs enseignants. L’analyse se nourrit de la discussion, parfois même de la controverse, le point de vue de l’autre étant une aide précieuse pour conforter ou amender sa propre opinion.
Les chapitres majeurs de l’expérience reposent sur un principe d’échanges via Lignes de temps et tout autre moyen numérique ou classique de correspondance, et ce, a chacune des étapes du processus :
1/ Analyse d’un filmlong métrage de fiction, documentaire ou film expérimental. Documenté et commenté par des documentalistes de l’IRI sur Lignes de temps, le film est transmis aux écoles qui, à leur tour enrichissent le descriptif. Dirigés par Marta Boni (doctorante en cinéma) des ateliers de prise en main du logiciel sont tenus dans les classes et amorcent le travail des binômes.
2/ Echanges de points de vue entre partenaires par le biais du logiciel disponible en ligne ou en local.
3/ Réalisation de « films-essais » et de« films-regards ». Ces essais peuvent ou non s’inspirer de la structure narrative ou formelle des films analysés ou de tout autre principe scénaristique dégagé lors des discussions entre partenaires. Chaque groupe documente ses propres rushes dans Lignes de temps et les échange avec ceux de sonpartenaire : deux films sont ainsi montés par chaque classe – le premier, le « film-essai » avec ses propres rushes, le second, le « film-regard » avec les rushes du partenaire.
Chaque film, une fois monté, ne devant pas excéder 10’.
Présentations des expérimentations Mai – Juin 2009
« Ma ville vue par… Une étape » Vendredi 15 mai 2009
« Ma ville vue par… / Etape 2 » Jeudi 4 juin 2009
Centre Pompidou / Cinéma 1 / 9h15>13h30
Les travaux réalisés durant l’année scolaire 2008-2009, « Regards-signés » et « Films-essais » ont été projetés lors de journées de rencontres au Centre Pompidou. Les enseignants présents accompagnés de leurs élèves ont témoigné de leurs relations de travail. Plus de 350 élèves, dont deux classes italiennes et une classe roumaine ont assisté à ces matinées.
Ces deux matinées d’échanges et de projections ont réuni environ cinq cent élèves venus de Roumanie, d’Italie et de France pour l’occasion.
Une présentation de bout-à-bouts effectués dans les classes a été commentée par Marta Boni et Thibaut Cavalié. Les projections des films-essais ont été précédées par la présentation des processus de travail par les enseignants et les jeunes réalisateurs.
Vous pouvez retrouver les « films-essais » ainsi que les textes et photographies préparatoires dans les pages binômes.
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