Désir et technologies

Destins du désir / devenirs de l’amateur : adolescence, subjectivations, addictions, dans le contexte des industries culturelles

Séminaire de l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou, organisé avec la collaboration de l’Hôpital Marmottan et de L’Ecole Doctorale de Recherche en Psychanalyse (CEPP) de l’Université Paris VII.

Sous la direction de Mathilde Girard (psychologue-psychothérapeute et philosophe).

A partir des figures de l’enfant et de l’adolescent aujourd’hui investies par une multiplicité de discours – sociologiques, philosophiques, psychologiques, mais politiques et médiatiques également -, il s’agirait ici de revenir sur ce que représentent ces catégories de la population au regard du processus de « modernisation », et sur la fonction politique de leur singularisation. Entre les parts de marché qu’elles représentent (l’exemple de la création de la nouvelle chaîne télévisée Baby first est de ce point de vue très éloquent), les interrogations et les inquiétudes qu’elles soulèvent dans le champ social et les enjeux psychanalytiques qu’elles recouvrent, comment distinguer les repères anthropologiques propres à la construction de la subjectivité des pathologies spécifiquement contemporaines ? Comment comprendre et analyser, avec les outils de la métapsychologie, les formes actuelles de désorganisation psychique des sujets au contact d’une machine capitalistique dévorante et destructrice ? Si par exemple l’opposition, le refus, pouvaient être identifiées comme des modalités d’expression et d’apparition de subjectivités avec lesquelles il nous faut toujours en découdre, comment le « trouble oppositionnel avec provocation » (TOP) est-il devenu un « trouble des conduites » suivant les résultats de l’enquête menée par L’Inserm en 2005 ? Si l’enfance et l’adolescence font symptôme, il convient de s’attarder sur les déterminants de ces manifestations, leur origine et leur valeur d’usage.
Dans le cadre d’une réflexion sur les industries culturelles, et à l’aide des développements critiques que propose la philosophie contemporaine, il s’agirait d’élaborer les enjeux politiques posés par l’enfant et l’adolescent dans leur rapport aux objets, aux nouvelles technologies, quand ceux-ci en font des consommateurs abusifs, captifs, ou lorsqu’ils engagent au contraire des capacités de jugement et des processus de subjectivation inédits.
Nous proposerons ainsi de mobiliser l’actualité de la notion de jeu, à partir des écrits sur l’enfance de Benjamin, de Baudelaire, de Bataille et des analyses plus récentes de Deleuze et Agamben ; il s’agirait de mettre en évidence la fonction inaugurale du jeu, de la manipulation des objets par l’enfant dans l’activité créatrice, l’expérience esthétique et la sublimation. Le jeu apparaissant comme fondateur d’une relation transitionnelle d’un sujet aux objets qui l’environnent, au travers de différentes étapes de cette relation : saisir l’objet, le regarder, l’ouvrir, le casser, le perdre, le retrouver…
Des passerelles pourront se tisser entre ces expériences philosophiques et la théorie psychanalytique qui fit du jeu le moment premier de la symbolisation et de la capacité d’imaginer ; la scène du fort/da décrite par Freud dans Au Delà du principe de plaisir, ainsi que les caractéristiques de l’objet transitionnel « créé-trouvé » déployées par Winnicott étayeront notre élaboration.
A partir de la distinction établie par Winnicott entre play et game, nous avancerons vers la problématique adolescente et les nouveaux modes de relation qu’elle met en place avec l’objet, dans le cas des addictions (le jeu pathologique), des pathologies dites « narcissiques », des conduites ordaliques, entre autres. Partant de l’analyse de ces comportements, à la jointure de la psychopathologie et de la sociopathologie, nous tenterons de mettre en évidence les différents processus de subjectivation que recouvrent ces expressions de l’adolescence, qu’ils soient positifs ou négatifs, en établissant des liens avec leurs manifestations sociales et politiques. C’est alors plus largement sur la possibilité d’aborder l’adolescence sous l’angle de l’événement, de l’expérience et de la transmission que nous souhaitons nous pencher.
Au cours de cette réflexion, où la question du désir, de ses définitions, de son caractère intempestif, seront un repère essentiel, nous avancerons dans un dialogue entre concepts psychanalytiques et philosophiques : ainsi, la symbolisation, la sublimation, n’iront pas sans une élaboration politique de la mémoire, de l’expérience, et de l’histoire ; c’est ensemble que nous tenterons de penser les modalités disciplinaires, biopolitiques, psychologiques, par lesquelles s’exerce le pouvoir (B.Stiegler invite ainsi à penser la notion de « psychopouvoir ») et les pratiques de soi, les subjectivations et résistances qui en découlent ou s’en émancipent.
Nous tenterons de mobiliser ces questions par le développement de la figure l’amateur, par opposition à celle du consommateur (de télévision, de ritaline) dans le contexte des industries culturelles et de la médicalisation de la société.
Dans le cadre d’une organisation associant l’Institut de recherche et d’rnnovation du Centre Pompidou, l’Hôpital Marmottan, L’Ecole Doctorale de Recherche en Psychanalyse (CEPP) de l’Université Paris VII et travaillant à la préparation d’un colloque sur la question du désir prévu en 2010, le séminaire se propose d’agencer des interventions théoriques et cliniques à partir de différents axes de travail :

L’enfant et l’objet aux origines de la symbolisation

* L’objet – l’espace transitionnel
* L’utilisation de l’objet, la créativité et la symbolisation
* L’objet/ la technique
* Du play au game

Destins de l’objet et du désir à l’adolescence

* Addictions et pathologies narcissiques
* Le jeu pathologique
* Conduites ordaliques
* Le contact des images
* Le cas de la pornographie

L’enfance et l’adolescence : nouvelles catégories à risques

* De la psychopathologie à la sociopathologie : quels enjeux politiques ?
* Retour sur « les troubles du comportement » et l’étude de l’INSERM en 2005.
* L’adolescent, le passage à l’acte : clinique du fait divers
* L’adolescent et l’événement : retour sur le soulèvement des banlieues en novembre 2005.

Subjectivations – Désir et technique

* Processus de subjectivation à l’adolescence
* L’avenir de l’amateur : du désir dans la culture ?
* Actualité des enjeux capitalistiques dans l’économie libidinale

La mémoire, l’archive et la transmission

* Expérience et mémoire
* Hypomnemata
* Technologies de l’Esprit
* Appareils

format pdfBibliographie sur le jeu et le jeu pathologique par Clotilde Carrandié de l’hôpital Marmottan

Accès Sur invitation: contact(at)iri.centrepompidou.fr

Lieux: Salle du collège

Dates et horaires : de 18h à 20h, les jeudis suivants:

  • 17 janvier 2008 : ouverture du séminaire par Mathilde Girard : « Enfance et politique du jeu à partir de Dr Mabuse, le joueur de Fritz Lang ».
  • 31 janvier 2008 : Bernard Stiegler: « Considérations sur l’amateur d’un point de vue pharmacologique »; interviendront également François Richard, Marc Valleur et l’équipe de l’Hôpital Marmottan.
  • 21 février 2008 : Tristan Garcia-Fons (pédopsychiatre et psychanalyste) : « La fabrique du trouble de l’enfant et de l’adolescent », Philippe Bazin (photographe) : « Larry Clark – le corps du délit » et Georges Didi-Huberman (philosophe et historien de l’art).
  • 13 mars 2008 : Stéphane Nadaud (pédopsychiatre, praticien hospitalier et philosophe, rédacteur en chef de la revue Chimères) : « L’adolescence comme nouveau paradigme du travail institutionnel en clinique hospitalière » et Philippe Giesberger (infirmier et cadre de santé, secteur i03 de Ville-Evrard) : « Rencontre avec des adolescents en pédopsychiatrie en direct de l’unité adolescents 93 ». SALLE STRAVINSKY, IRCAM
  • 3 avril 2008 : Christiane Vollaire (philosophe, enseignante en philosophie et membre du comité de rédaction des revues Drôle d’époque et Pratiques) : « Puissances de reproduction ».
  • 17 avril 2008 : Alain Brossat (philosophe, professeur de philosophie à l’Université Paris VIII et membre du comité de rédaction des revues Lignes et Drôle d’époque) : à partir d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick, « Le grand jeu d’Alex » et Eric Toubiana (psychanalyste, maître de conférence à l’Université Paris VII Denis Diderot et psychothérapeute hospitalier) : « Le Divan électrique ».
  • 15 mai 2008 : Marc Valleur, Eric Toubiana, Paul-Laurent Assoun : « Addictions et pratiques ordaliques ».
  • 22 mai 2008 : Jean-Louis Déotte (philosophe et professeur de philosophie à Paris VIII) : « Les Immatériaux de Jean-François Lyotard et le Double Plateau de Daniel Buren », Emine Sarikartale (doctorante en philosophie à Paris VIII) : « Enfance et postmodernité chez Lyotard », et Marta Hernandez (doctorante en philosophie à Paris VIII) : « La question de la khôra dans Les Immatériaux ».
  • 5 juin 2008 : Elisabeth Belmas (historienne du jeu) : « La question des jeux d’argent ».
  • 26 juin 2008 : Elisabeth Rossé (psychologue), Thomas Gaon, Serge Tisseron (psychiatre et psychanalyste) : « Autour des jeux vidéos ».

17-01-2008 : « Enfance et politique du jeu à partir de Dr Mabuse, le joueur de Fritz Lang ».

par Mathilde Girard (psychologue, psychothérapeute et philosophe

31-01-2008 : « Considérations sur l’amateur d’un point de vue pharmacologique »

Par Bernard Stiegler (IRI); interviendront également François Richard, Marc Valleur et l’équipe de l’Hôpital Marmottan.

21-02-2008 : « La fabrique du trouble de l’enfant et de l’adolescent » et « Larry Clark – le corps du délit »

Par Tristan Garcia-Fons (pédopsychiatre et psychanalyste), Philippe Bazin (photographe) et Georges Didi-Huberman (philosophe et historien de l’art)

13-03-2008 : « L’adolescence comme nouveau paradigme du travail institutionnel en clinique hospitalière » et « Rencontre avec des adolescents en pédopsychiatrie en direct de l’unité adolescents 93 »

Par Stéphane Nadaud (pédopsychiatre, praticien hospitalier et philosophe, rédacteur en chef de la revue Chimères) et Philippe Giesberger (infirmier et cadre de santé, secteur i03 de Ville-Evrard)

3-04-2008 : « Puissances de reproduction »

Par Christiane Vollaire (philosophe, enseignante en philosophie et membre du comité de rédaction des revues Drôle d’époque et Pratiques)

17-04-2008 : à partir d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick, « Le grand jeu d’Alex » et « Le Divan électrique »

Par Alain Brossat (philosophe, professeur de philosophie à l’Université Paris VIII et membre du comité de rédaction des revues Lignes et Drôle d’époque) et Eric Toubiana (psychanalyste, maître de conférence à l’Université Paris VII Denis Diderot et psychothérapeute hospitalier)

15-05-2008 : « Addictions et pratiques ordaliques »

Par Marc Valleur, Eric Toubiana, Paul-Laurent Assoun

22-05-2008 : « Les Immatériaux de Jean-François Lyotard et le Double Plateau de Daniel Buren » et « Enfance et postmodernité chez Lyotard »

Par Jean-Louis Déotte (philosophe et professeur de philosophie à Paris VIII)

5-06-2008 : « La question des jeux d’argent »

Par Elisabeth Belmas (historienne du jeu)

26-06-2008 : « Autour des jeux vidéos »

Par Elisabeth Rossé (psychologue), Thomas Gaon, Serge Tisseron (psychiatre et psychanalyste)

Désir et technologies

Destins du désir / devenirs de l’amateur : adolescence, subjectivations, addictions, dans le contexte des industries culturelles

Séminaire de l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou, organisé avec la collaboration de l’Hôpital Marmottan et de L’Ecole Doctorale de Recherche en Psychanalyse (CEPP) de l’Université Paris VII.

Sous la direction de Mathilde Girard (psychologue-psychothérapeute et philosophe).

A partir des figures de l’enfant et de l’adolescent aujourd’hui investies par une multiplicité de discours – sociologiques, philosophiques, psychologiques, mais politiques et médiatiques également -, il s’agirait ici de revenir sur ce que représentent ces catégories de la population au regard du processus de « modernisation », et sur la fonction politique de leur singularisation. Entre les parts de marché qu’elles représentent (l’exemple de la création de la nouvelle chaîne télévisée Baby first est de ce point de vue très éloquent), les interrogations et les inquiétudes qu’elles soulèvent dans le champ social et les enjeux psychanalytiques qu’elles recouvrent, comment distinguer les repères anthropologiques propres à la construction de la subjectivité des pathologies spécifiquement contemporaines ? Comment comprendre et analyser, avec les outils de la métapsychologie, les formes actuelles de désorganisation psychique des sujets au contact d’une machine capitalistique dévorante et destructrice ? Si par exemple l’opposition, le refus, pouvaient être identifiées comme des modalités d’expression et d’apparition de subjectivités avec lesquelles il nous faut toujours en découdre, comment le « trouble oppositionnel avec provocation » (TOP) est-il devenu un « trouble des conduites » suivant les résultats de l’enquête menée par L’Inserm en 2005 ? Si l’enfance et l’adolescence font symptôme, il convient de s’attarder sur les déterminants de ces manifestations, leur origine et leur valeur d’usage.
Dans le cadre d’une réflexion sur les industries culturelles, et à l’aide des développements critiques que propose la philosophie contemporaine, il s’agirait d’élaborer les enjeux politiques posés par l’enfant et l’adolescent dans leur rapport aux objets, aux nouvelles technologies, quand ceux-ci en font des consommateurs abusifs, captifs, ou lorsqu’ils engagent au contraire des capacités de jugement et des processus de subjectivation inédits.
Nous proposerons ainsi de mobiliser l’actualité de la notion de jeu, à partir des écrits sur l’enfance de Benjamin, de Baudelaire, de Bataille et des analyses plus récentes de Deleuze et Agamben ; il s’agirait de mettre en évidence la fonction inaugurale du jeu, de la manipulation des objets par l’enfant dans l’activité créatrice, l’expérience esthétique et la sublimation. Le jeu apparaissant comme fondateur d’une relation transitionnelle d’un sujet aux objets qui l’environnent, au travers de différentes étapes de cette relation : saisir l’objet, le regarder, l’ouvrir, le casser, le perdre, le retrouver…
Des passerelles pourront se tisser entre ces expériences philosophiques et la théorie psychanalytique qui fit du jeu le moment premier de la symbolisation et de la capacité d’imaginer ; la scène du fort/da décrite par Freud dans Au Delà du principe de plaisir, ainsi que les caractéristiques de l’objet transitionnel « créé-trouvé » déployées par Winnicott étayeront notre élaboration.
A partir de la distinction établie par Winnicott entre play et game, nous avancerons vers la problématique adolescente et les nouveaux modes de relation qu’elle met en place avec l’objet, dans le cas des addictions (le jeu pathologique), des pathologies dites « narcissiques », des conduites ordaliques, entre autres. Partant de l’analyse de ces comportements, à la jointure de la psychopathologie et de la sociopathologie, nous tenterons de mettre en évidence les différents processus de subjectivation que recouvrent ces expressions de l’adolescence, qu’ils soient positifs ou négatifs, en établissant des liens avec leurs manifestations sociales et politiques. C’est alors plus largement sur la possibilité d’aborder l’adolescence sous l’angle de l’événement, de l’expérience et de la transmission que nous souhaitons nous pencher.
Au cours de cette réflexion, où la question du désir, de ses définitions, de son caractère intempestif, seront un repère essentiel, nous avancerons dans un dialogue entre concepts psychanalytiques et philosophiques : ainsi, la symbolisation, la sublimation, n’iront pas sans une élaboration politique de la mémoire, de l’expérience, et de l’histoire ; c’est ensemble que nous tenterons de penser les modalités disciplinaires, biopolitiques, psychologiques, par lesquelles s’exerce le pouvoir (B.Stiegler invite ainsi à penser la notion de « psychopouvoir ») et les pratiques de soi, les subjectivations et résistances qui en découlent ou s’en émancipent.
Nous tenterons de mobiliser ces questions par le développement de la figure l’amateur, par opposition à celle du consommateur (de télévision, de ritaline) dans le contexte des industries culturelles et de la médicalisation de la société.
Dans le cadre d’une organisation associant l’Institut de recherche et d’rnnovation du Centre Pompidou, l’Hôpital Marmottan, L’Ecole Doctorale de Recherche en Psychanalyse (CEPP) de l’Université Paris VII et travaillant à la préparation d’un colloque sur la question du désir prévu en 2010, le séminaire se propose d’agencer des interventions théoriques et cliniques à partir de différents axes de travail :

L’enfant et l’objet aux origines de la symbolisation

* L’objet – l’espace transitionnel
* L’utilisation de l’objet, la créativité et la symbolisation
* L’objet/ la technique
* Du play au game

Destins de l’objet et du désir à l’adolescence

* Addictions et pathologies narcissiques
* Le jeu pathologique
* Conduites ordaliques
* Le contact des images
* Le cas de la pornographie

L’enfance et l’adolescence : nouvelles catégories à risques

* De la psychopathologie à la sociopathologie : quels enjeux politiques ?
* Retour sur « les troubles du comportement » et l’étude de l’INSERM en 2005.
* L’adolescent, le passage à l’acte : clinique du fait divers
* L’adolescent et l’événement : retour sur le soulèvement des banlieues en novembre 2005.

Subjectivations – Désir et technique

* Processus de subjectivation à l’adolescence
* L’avenir de l’amateur : du désir dans la culture ?
* Actualité des enjeux capitalistiques dans l’économie libidinale

La mémoire, l’archive et la transmission

* Expérience et mémoire
* Hypomnemata
* Technologies de l’Esprit
* Appareils

Développée par la société SopinSpace avec une contribution au code Open source de la part de l’IRI, cette plateforme à présent administrée par la société Abilian est destinée à l’annotation de textes et particulièrement pour des communautés de lecteurs ou pour préparer l’édition critique d’un nouveau texte.

https://github.com/co-ment

http://www.co-ment.com/

 

 

Développé dans le cadre du projet ANR Epistémè, CatEdit est un éditeur permettant la catégorisation contributive c’est à dire la définition de catégories, leur discussion en contexte et leur mise en relation avec des exemples, ressources et illustrations et également leur liens avec des catégories apparentées ou des sous-catégories. Développé dans l’environnement GitHub afin de bénéficier d’un traçage complet dans le temps et d’outils de discussion, l’outil CatEdit développé en Opensource a été testé dans le champ de l’astrophysique. Il est prévu de le connecter à un outil de synthèse et de visualisation sous forme de graphe tel que RENKAN et de pouvoir l’ouvrir lors d’une séance d’annotation dans Lignes de temps, dans IconoLab ou dans Hypothes.is, outil d’annotation de pages Web au format W3C Web annotation.

http://labs.iri-research.org/catedit/

IconoLab est une plateforme d’annotation d’images fixes qui permet d’attacher les annotations à des fragments de l’image de la même manière que dans Lignes de temps on associe des annotations à des segments de la vidéo. Suite à une première expérimentation de tagging d’image assisté sémantiquement par alignement sur DBPedia dans JocondeLab, la plateforme IconoLab est en cours d’expérimentation avec des communautés de contributeurs associées au Musée de Saint Dié (cartes postales anciennes, médailles) et au Musée Ingres de Montauban (planches inédites du fonds Ingres). Cette plateforme de tagging a vocation à être étendue à d’autres communautés et projets participatifs dans le champ du patrimoine culturel. Le projet vise particulièrement à mesurer la qualité de la contribution par autoévaluation et correction par les pairs.

https://iconolab.iri-research.org/home

Partenaires : MCC/DGLFLF, MCC/DGP/BDNC, MCC/DIN, MCC/SDSI, Musée de Saint Dié, Musée Ingres


Tutoriel de RENKAN, un outil d’appropriation… par culture-gouv

Renkan (連環, « link » in Japanese) is a tool for creating collaborative heuristics maps.

Capture d'écran de Renkan

Enabling real-time editing by multiple users, like an Etherpad or a Google Drive document, Renkan is a powerful tool for aggregating, editorializing and linking resources: text, images, videos, web pages.

With drag and drop functionality, all web pages opened in a browser become potential data sources, including the Ligne de Temps platform, which can be embedded on a scale of one Video or annotation.

Inspired by the semantic web, Renkan makes it possible to describe the links between resources, based on the vocabularies defined by the most common ontologies. Each resource can be associated with a URI (web address), the metadata generated by Renkan are easily interconnected.

 

 

 

 

Crew:
The design of RENKAN is the work of Samuel Huron (IRI / INRIA), Takuya ABE (III) and Raphael Velt (IRI). He was supported by the IRI teams: Raphaël Velt, Yves-Marie Haussonne, and Nicolas Sauret.

A Hashcut is both a hypervideo (clickable video) and a Mashup (mix of media).

A Hashcut is a collection of video quotes, put together end-to-end, without altering the original media, and allows everyone to propose a new look, a gateway editorialized on these media.

The Hashcut platform, set up by IRI in the « View, Annotate, Mount » workshops at the Public Information Library, offered workshop participants the opportunity to create Hashcuts from a selection of Documentaries, and view those made by other participants.

Hcut

The creators of Hashcuts, when editing from one end to the other, are invited to delimit segments of videos and annotate them before assembling them. The metadata generated by this selection process (title, description and keywords of fragments of videos) enrich the source videos, enabling an enrichment and a fine indexing of them.

Finally, all segments created by a Hashcut author are visible to other users of the platform and can be recycled into other mashups.
The accumulation of these choices of pieces, reported and visualized on the chronological frieze of a film, gives a global vision of the parts of the media that the users have deemed interesting.

Penser l’exosomatisation pour défendre la société

13-14 décembre 2016, Grande salle du Centre Pompidou

 

Partenaires : CNRS-MSH Paris Nord,

Strate école de design, Orange, Dassault Systèmes, Plaine Commune, UTC

Partenaires média : Médiapart, France Culture

Basée sur la data economy, la médecine dite « 3.0″ en est à ses premières avancées, et déjà des groupes pharmaceutiques tissent des alliances avec Google pour le développement de traitements bioélectroniques (GlaxoSmithKline) ou d’objets communicants (Sanofi), cependant que Generali repense le modèle assurantiel dans ce nouveau contexte. Or ce secteur en pleine évolution, évidemment porteur d’espoirs, est aussi la base de développement du discours transhumaniste – ce dont il s’agira ici d’appréhender les véritables enjeux.

Depuis 1993, avec l’avènement du world wide web, la connectivité généralisée a provoqué dans ce que l’on appelle désormais l’Anthropocène sa période actuelle qui est dite aussi « disruptive » : une série de transformations majeures s’est enclenchée, telle une « réaction en chaîne » au sens qu’à cette expression en physique nucléaire. Dans ce contexte, tel qu’il se combine avec l’avènement des biotechnologies, et plus généralement avec ce que Jean-Pierre Dupuy a appelé les « technologies transformationnelles », il est devenu courant de parler de « rupture anthropologique » – c’est à dire d’une bifurcation majeure dans le destin de l’humanité.

C’est aussi dans ce contexte que l’idéologie transhumaniste s’est récemment imposée dans le débat public – largement promue par l’université de la Singularité avec les soutiens de l’entreprise Google (devenue Alphabet) et de la Nasa. Il s’agit cependant d’idéologie : ce discours est profondément irrationnel.

*

À travers les Entretiens du nouveau monde industriel de cette année 2016, il s’agira de considérer l’ensemble de ces questions du point de vue de ce qu’Alfred Lotka et à sa suite Nicholas Georgescu Rœgen (tous deux mathématiciens) ont appelé l’exosomatisation . Ce concept, qui fournit une nouvelle intelligibilité du devenir humain, pourrait aussi contribuer à la formation d’un nouvel âge de la raison – face à la déraison transhumaniste.

L’exosomatisation est le processus par lequel il y a plusieurs millions d’années, la vie, dont l’évolution consiste en une morphogenèse d’organes toujours plus complexes et différenciés, également appelée organogenèse, a engendré ce que l’anthropologue André Leroi-Gourhan décrivit comme un processus d’extériorisation, et Alfred Lotka comme un processus d’exosomatisation – au cours duquel l’organique se dote d’organes inorganiques, poursuivant sa différenciation par d’autres moyens que la vie, c’est à dire à travers des organes qui ne sont donc plus endosomatiques, mais exosomatiques.

Nicholas Georgescu Rœgen a montré que c’est à partir de ce fait majeur, qui est la condition d’apparition de ce que l’on appelle l’humanité, qu’il est possible et indispensable de refonder de nos jours l’économie – comme l’a rappelé récemment Antoine Missemer – : l’exosomatisation est ce qui induit dans l’histoire du vivant un nouveau rapport entre l’augmentation de l’entropie – qui constitue le second principe de la thermodynamique – et le maintien local et temporaire de l’entropie à un niveau bas, qui caractérise le vivant – tel que l’a décrit Erwin Schrödinger dans Qu’est-ce que la vie ? . C’est ainsi à une refondation de l’économie qu’invitent les travaux fondamentaux de Georgescu Rœgen.

La période actuelle de l’exosomatisation se caractérise par une accélération extrême de ce processus constant de sélection de nouveaux organes artificiels en quoi consiste l’histoire de l’humanité, et qui se produit désormais exclusivement selon les critères du marché, ce qui est insoutenable aussi bien d’un point de vue environnemental que d’un point de vue économique, social, somatique, psychique et intellectuel.

Là où l’on nous parle de destin transhumaniste – à travers un discours massivement irrationnel qui promet l’avènement d’une hyper-oligarchie dominant une immense masse de sous-hommes – , la question s’impose de la reconstitution d’une rationalité capable de fournit les critères de sélection requis par le nouvel âge de l’organogenèse exosomatique, dont les technologies transformationnelles sont les résultats, et dont l’évolution ne saurait être prescrite par le marché à lui seul : nous savons combien celui-ci est court-termiste, spéculatif, et en cela ruineux.

Ces questions constituent un enjeu majeur pour le monde en général, et pour l’Europe en particulier. Au moment où Barak Obama discourt sur les investissements fédéraux dans la nouvelle intelligence artificielle qui est à la base de ces évolutions – mais l’intelligence noétique, constitutive de ce que les Grecs anciens appelaient le νοῦς, telle qu’elle procède précisément de l’exosomatisation dès son origine, a toujours été artificielle – , il est temps que l’Europe déploie sa propre stratégie en offrant au monde la vision et le projet d’un avenir soutenable qui s’approprie la transformation en cours en y affirmant et en y cultivant une nouvelle rationalité au moment où tous les secteurs industriels sont affectés par ce devenir, et en particulier celui de la santé.

Sessions et intervenants

 Mardi 13 décembre

 Ouverture

Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou

 10h-13h

Session 1 – Exosomatisation et avenir de la société

L’ »augmentation » des organes organiques de l’homme par des organes artificiels – organologiques en cela – est définitoire de l’hominisation dès l’origine. Présenter l’augmentation de l’homme comme une radicale nouveauté est à cet égard une imposture. Il n’en reste pas moins que l’organogenèse exosomatique contemporaine présente des caractères tout à fait inédits.

- Bernard Stiegler, philosophe, Institut de Recherche et d’Innovation

- Dominique Lecourt, philosophe, Institut Diderot

- Jean-Michel Besnier, philosophe, université Paris Sorbonne

- Antoine Missemer, économiste, ENS de Lyon

 

14h30-18h

Session 2 – Exosomatisation, calculabilité et traitement de données

Au-delà de l’extraction corrélationniste de patterns qui caractérise les big data et les data sciences telles que les présente par exemple Chris Anderson, la vie et la santé sont irréductibles à une approche purement et simplement computationnelle. Telle que Georges Canguilhem l’a pensée dans Le normal et le pathologique, la santé, en contexte exosomatique, est toujours l’invention d’un nouvel art de vivre par un être qui « se rend malade » par ses techniques mêmes (l’être humain). Cette invention constitue ce que Canguilhem appelle une normativité qui est foncièrement ancrée dans une modalité spécifique de l’anti-entropie telle que, productrice de « bifurcations », elle échappe précisément à la calculabilité.

- David Berry, digital humanities, Sussex university

- Wendy Chun, informaticienne et media studies, Brown university

- Giuseppe Longo, mathématicien, école normale supérieure de Paris

- Johan Mathé, ingénieur, Bay labs Inc.

 

Mercredi 14 décembre

10h-13h Session 3 – Corps augmenté, intelligence artificielle et société

Fondées sur les technologies de l’information, les nouvelles industries de la santé sont une facette particulièrement sensible de ce que l’on doit appréhender comme un nouvel âge de l’intelligence artificielle que rend possible l’informatique réticulaire. Il importe cependant ici de revenir à la fois sur les réflexions de Bergson sur le vivant au début du XXe siècle, sur les références qu’y fait Georgesu Rœgen dans ses considérations sur l’exosomatisation et l’entropie, sur les conceptions et les questions des premiers penseurs de l’intelligence artificielle fondée sur les agencements homme-machine computationnelle, et sur les limites, apories et perspectives de la théorie de l’entropie dans le champ de l’humain – au moment où l’ »extropianisme », qui est l’une des sources de la pensée transhumaniste, prétend « dépasser l’entropie », au moment où les neurotechnologies « endosomatisent » les artifices exosomatiques en réaménageant le cerveau.

- Hélène Mialet, anthropologue, Toronto university

- Pieter Lemmens, philosophe, Radboud university

- Dominique Bourg, philosophe, université de Lausanne

- David Bates, historien des sciences, université de Berkeley

 

14h30-18h – Session 4 – Technologies du vivant, médecine 3.0 et transhumanisme

La médecine 3.0 est aujourd’hui un des premiers marchés de développement des services médicaux en ligne basés sur des objets communicants, sur lesquels se greffe le marketing transhumaniste des fantasmes en tout genre – cependant que le vivant et l’artificiel computationnel s’agencent de façons inédites à travers le quantified-self et la recherche de nouvelles formes de techniques de soi et de soin, souvent dans des contextes communautaires inédits et prometteurs. Qu’en est-il cependant des limites – du vivant, de la technique, de l’économie, de la terre, etc. ? Et quelles politiques de recherche et de développement industriel originales la France et le continent européen peuvent-elles promouvoir ?

- Dorothée Benoit Browaeys, journaliste scientifique, UP Magazine

- Jean-François Toussaint, médecin, physiologiste, Insep

- Gerald Moore, Durham university

- Paolo Vignola, Yachai university

 

Études digitales. 2016 – 1, n° 1 – Le texte à venir

EdgMS01b

 

La revue Études digitales défend une approche herméneutique, critique, rhétorique et poétique des technologies. Elle se veut résolument transdisciplinaire.
Table des matières :  http://www.classiques-garnier.com/editions-tabmats/EdgMS01_tabmat.pdf

The Journal Digital Studies advocates a hermeneutic, critical, rhetorical, and poetic approach to technologies. Its outlook is resolutely transdisciplinary.
Site des éditions Garnier Classique : https://www.classiques-garnier.com/editions/ref?id=2573

Une journée d’étude intitulée « Valorisation du patrimoine et numérique » organisée par l’OMNSH aura lieu le 19 octobre 2016, Salle Triangle du Centre Pompidou en partenariat avec l’IRI.

Cette journée sera notamment l’occasion d’échanger avec des chercheurs et des professionnels reconnus dans ce domaine lors d’une table ronde qui permettra de confronter expériences et expertises ; Marie-Sylvie Poli (Université d’Avignon), Joëlle Le Marec (Celsa Paris-Sorbonne), Jean-Pierre Girard (UQAM), Camille Paloque-Bergès (CNAM), Omer Pesquer (MuzeoNum), Claude Mussou (INA) et Alexandra Dromard (CMN) nous feront ainsi part de leurs différents points de vue.

Le programme complet et le positionnement scientifique de la journée sont disponibles à cette adresse : http://omnsh.org/news/1281/valorisation-du-patrimoine-et-numerique

In the wake of the Snowden revelations, public trust in the Internet as eroded. Yet as put by Snowden “We need to encode our values not just in writing but in the structure of the Internet, and it’s something that I hope, I invite everyone … around the world, to join and participate in.” The primary motivation of NEXTLEAP is to create an interdisciplinary internet science of decentralisation in order to study, create, validate, and deploy core protocols that can form the foundation for a secure, trust-worthy, annotable and privacy-respecting Internet based on fundamental rights.

Partners: INRIA, IMDEA, CNRS, IRI, UCL, Merlinux

Coordinator : harry.halpin@inria.fr

Funding : CAPS program of the European Commission (https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/caps-projects)

Web site: http://nextleap.eu

A la suite des révélations de Edward Snowden, la confiance de la population en Internet s’est érodée. Pourtant, comme l’a déclaré Snowden, « Nous avons besoin de coder nos valeurs non seulement par écrit, mais dans la structure de l’Internet, et c’est quelque chose que je souhaite, je vous invite, partout dans le monde, à s’y joindre et à participer ». La principale motivation de NEXTLEAP est de développer une science interdisciplinaire d’un internet décentralisé afin d’étudier, de créer, de valider et de déployer des protocoles qui peuvent constituer une base pour un Internet sécurisé, digne de confiance, annotable et respectueux de la confidentialité basée sur des droits fondamentaux.

Partenaires: INRIA, IMDEA, CNRS, IRI, UCL, Merlinux

Coordinateur : harry.halpin@inria.fr

Site internet : http://nextleap.eu

Financement : programme CAPS de la Communauté Européenne (https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/caps-projects)

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