THE NEW INDUSTRIAL WORLD FORUM 2017

 « Artificial stupidity »

 19-20 december 2017, Grande salle du Centre Pompidou

In the frame of European project NextLeap, ANR project Epistémè and Plaine Commune’s Chaire de Recherche Contributive

 

 

Within the scope of a global reflection on a new articulation of data processing within the data economy (reticulate artificial intelligence, deep learning, machine learning in general and intensive calculus), on one hand, and of the interpretation of this data and these processes, on the other hand, and within the present scientific context as well as within the exercising of citizenship and more generally of responsibility, this tenth edition of the New Industrial World Forum intends to analyse the impact of scientific instruments on the constitution of academic knowledge in a time when the technologies stemming from mathematics as applied to computer science and networks tend to establish themselves in the scientific world on the basis of efficiency criteria prescribed by the markets.

 

The result of this is an extreme and highly paradoxical threat as to the possibilities to practising, developing and cultivating scientific knowledge, if it is true that these shall not submit to the proletarianization processes emerging from the “black boxes” which the instruments and apparatuses are now becoming for the scientists as well as for the common people.

 

This year’s edition will be about analysing the problems arising from the use of digital scientific instruments in the sense that their functioning and the categorization processes they involve are becoming inaccessible, blind and impossible to formalize from a theoretical point of view. In opposition to Ian Hacking’s proposition that “a knowledge of the microscope” is “useless”, and in opposition to Chris Anderson who, in 2008, announced “the end of theory” in the age of big data, the point is to analyse, question and criticize the phenomenon of black boxes in the field of instruments and apparatuses in general and in the case of scientific instruments in particular in order to evaluate their epistemological cost as well as the benefits that can be expected from replacing this state of fact that is incompatible with the state of law without which science is impossible, and to prescribe, as much as it is possible, in the scientific fields concerned, instrumental models and practices allowing this replacement to happen.

 

These enquiries will be conducted by reference to Gaston Bachelard’s phenomenotechnics analyses and Gilbert Simondon’s mecanology, as well as through Edmund Husserl, Alfred Whitehead, Karl Popper and Jack Goody’s questionings and concepts, among other references. They have a generic value as to the questions asked by the expansion of reticulate artificial intelligence in all dimensions of human activity. This is why they will be conducted in the prospect of a more general reflection on the stakes of what is called artificial intelligence.

 

In the more specific case of social sciences, the question interferes directly with the practises of daily life: intensive calculus is implemented through the data economy and the platform capitalism generalizes these questions while highlighting the performative processes stemming from the speed of the information processing as the algorithms overtake all deliberative processes, both individual and collective. These factual evolutions  still lack theorization but they have penetrated the markets through the “linguistic capitalism” (as it was described by Frédéric Kaplan) and the logistics of online sales and they now reached the boundaries of the so-called “medicine 3.0”, also called infomedicine, as well as urban management and of course robotised conception and production.

The main question asked by all these problematic layers, although they may seem heterogeneous, is that of the function of calculus. What benefits can be expected from it? Under what conditions can it serve deliberation (scientific, civic or both) and social inventiveness? What overdeterminations emerge from the data formats and architectures?


Provisional program

 

Tuesday 19 december 2017

10h-13h

Artifical Intelligence, Artificial Stupidity and the Function of Calculus

–        Bernard Stiegler, philosophy (IRI)

–        David Bates, history of science (Berkeley)

–        Giuseppe Longo, mathematics and biology (ENS)

–        Yuk Hui, computer science and philosophy (Leuphana Un).

 

14h30-18h

Data Architectures and the Production of Knowledge

–        André Spicer et Mats Alvesson

–        Bruno Bachimont (UTC)

–        Benjamin Bratton (San Diego University)

–        Christian Fauré, Octo Technology

–       Bruno Bachimont (UTC)

–        Aurélien Galateau (Besançon University)

 

Wednesday 20 december 2017

10h – 13h

Opacity of Scientific Instruments and its Epistemological Consequences

–        Vincent Bontems, epistemology (CEA)

–        Cédric Mattews, biology, CNRS

–        Peter Lemmens, philosophy, ISIS

–        Laurence Devillers, robotics, Limsi/CNRS

–        Maël Montevil, biology (ENS)

–        Laurent Alexandre

 

14h30 – 18h

Data Processing and Civic Contribution

–        Paul-Emile Geoffroy, philosophy and social sciences (IRI)

–        Jean-Pierre Girard, archeology (MOM)

–        Thibaut d’Orso, Spideo company

–        Johan Mathé, Bay Labs company (skype)

–        Warren Sack, artist, software studies, UC Santa Cruz (skype)

 

 

LES ENTRETIENS DU NOUVEAU MONDE INDUSTRIEL 2017 

La « bêtise artificielle »

19-20 décembre 2017, Grande salle du Centre Pompidou

Dans le cadre du projet européen NextLeap, du projet ANR Epistémè et de la Chaire de Recherche Contributive Plaine Commune

Programme et inscriptions sur : https://enmi-conf.org/wp/enmi17/

 

Dans le cadre d’une réflexion globale sur une nouvelle articulation des processus de traitement de données dans la data economy (intelligence artificielle réticulée, deep learning, machine learning en général et calcul intensif), d’une part, et de l’interprétation de ces données et de ces traitements, d’autre part, et dans le contexte scientifique aussi bien que dans l’exercice de la citoyenneté et plus généralement de la responsabilité, cette dixième édition des Entretiens du Nouveau Monde Industriel se propose d’analyser l’impact des instruments scientifiques sur la constitution des savoirs académiques au moment où les technologies issues des mathématiques appliquées à l’informatique en réseau tendent à s’imposer au monde scientifique à partir des critères d’efficience prescrits par les marchés.

 

Il en résulte une menace extrême et hautement paradoxale quant aux possibilités d’exercer, de cultiver et de développer les savoirs scientifiques s’il est vrai que ceux-ci ne sauraient se soumettre aux processus de prolétarisation qui sont induits par les « boîtes noires » que les instruments et appareils deviennent pour les scientifiques désormais tout autant que pour le commun des mortels.

 

Il s’agira cette année d’analyser les problèmes posés par les instruments scientifiques numériques dont le fonctionnement et les processus de catégorisation afférents deviennent inaccessibles, aveugles et non formalisables du point de vue théorique. À l’encontre d’Ian Hacking déclarant « inutile » la « connaissance du microscope », comme à l’encontre de Chris Anderson annonçant en 2008 « la fin de la théorie » à l’époque des « big data », il s’agit ici d’analyser, de questionner et de critiquer les phénomènes de boîtes noires dans le champ instrumental et appareillé en général et dans le cas des instruments scientifiques en particulier afin d’évaluer leur coût épistémologique aussi bien que les bénéfices à attendre d’un dépassement de cet état de fait incompatible avec l’état de droit sans lequel aucun science n’est possible, et de prescrire autant que possible, dans les champs scientifiques concernés, des modèles instrumentaux et des pratiques instrumentales permettant de les surmonter.

 

Ces travaux qui seront menés en référence à l’analyse phénoménotechnique de Gaston Bachelard et à la mécanologie de Gilbert Simondon aussi bien qu’en mobilisant les questionnements et concepts d’Edmund Husserl, d’Alfred Whitehead, de Karl Popper et de Jack Goody, parmi bien d’autres, ont une valeur générique quant aux questions que pose l’expansion de l’intelligence artificielle réticulée dans toutes les dimensions de l’activité humaine. C’est pourquoi ils seront conduits dans la perspective d’une réflexion plus générale sur les enjeux de ce qui est appelé intelligence artificielle.

Dans le cas plus spécifique des sciences sociales, la question interfère directement avec les pratiques de la vie quotidienne : le calcul intensif mis en œuvre à travers la data economy et le capitalisme des plateformes généralise ces questions tout en mettant en évidence les processus performatifs induits par la vitesse de traitement des informations par les algorithmes prenant de vitesse tous les processus délibératifs, individuels ou collectifs. Ces évolutions factuelles encore très peu théorisées qui ont pénétré les marchés à travers le « capitalisme linguistique » (tel que l’a décrit Frédéric Kaplan) et la logistique de la vente en ligne atteignent désormais aussi bien la médecine dite 3.0, également appelée infomédecine, la gestion urbaine, et bien sûr la conception et la production robotisée.

La question qui se pose à travers tous ces niveaux, si hétérogènes qu’ils puissent paraître, est la fonction du calcul, les bénéfices qui peuvent en être attendus, les conditions dans lesquelles il peut être mis au service d’une délibération, qu’elle soit scientifique ou citoyenne, ou les deux, ou au service d’une inventivité sociale, et les surdéterminations induites par les formats et architectures de données.

 

 

capdigitaliri

Depuis 2007, l’IRI (Institut de recherche et d’Innovation du Centrei Pompidou),le pôle de compétitivité Cap digital et l’ENSCI – Les Ateliers (École nationale supérieure de création industrielle) organisent une manifestation commune, Les Entretiens du nouveau monde industriel, qui ont vocation à se dérouler chaque année.

La première édition qui s’est tenue les 27 et 28 novembre 2007 avait pour objectif d’engager une réflexion sur les enjeux de l’innovation dite ascendante, et liée aux technologies collaboratives, du point de vue du design et de la conception industrielle, et à l’époque où les technologies du numériques se généralisent comme les technologies cognitives et comme technologies culturelles, et au moment où émergent les technologies transformationnelles (biotechnologies et nanotechnologies).

→ Retouvez les enregistrements des différentes éditions des ENMI : Les entretiens du nouveau monde industriel sur iri-ressources.org

→ Retrouvez les sites évènementiels des ENMI :

Retrouvez ci-dessous le plan pour l’égalité des genres au sein de l’IRI et de ses projets pour 2024-2026.

Vous pouvez accéder au futur site du projet PULSE-ART en cliquant sur ce lien.

PULSE-ART vise à démontrer comment l’utilisation des arts dans l’éducation contribue au développement de la capacitation et de l’expression culturelle (CAE (Cultural Awareness and Expression) pour la jeunesse européenne. Le projet intégre une perspective d’apprentissage tout au long de la vie en identifiant les lacunes et en surmontant les obstacles afin de favoriser les opportunités d’accroître les capacités du système éducatif à soutenir les apprenants dans l’acquisition de connaissances et la pratique de savoirs. Le projet implique divers établissements d’enseignement, des organisations artistiques et du patrimoine culturel et des centres d’innovation dans des partenariats collaboratifs pour produire des preuves de concept et éclairer les politiques.


Les 7 études de cas ciblées :

  1. Game jams (Université de Malte, MA)
  2. Jeux vidéo (IRI, FR)
  3. Arts de la scène (Waag, NL)
  4. Illustration scientifique (Musée national des sciences naturelles, ES)
  5. Danse (Université de Daugavpils, LV)
  6. Art visuel numérique (Fondation pour la recherche et la technologie Hellas, GR)
  7. Musique (Association Euro Méditerranéenne des Economistes, MR)

https://regeneractionproject.eu/

The Urban Community Builder (UCB) can be described as an ecological figure: ecological is here used in the sense given by Félix Guattari in the Three Ecologies (1989), one of the most influential books for contemporary ecological studies. It is there that the french psychiatrist, activist, and philosopher reframed the notion of ecology in a broader sense which fits perfectly, in our views, the main goal of the Regeneraction project, that is to define the role and the aims of new agents for the ecological transition: Urban Community Builders.

Etymologically, the term ecology comes from the ancient greek (oikos-logia, the science of the house) and it is normally used to describe the science of the material fluxes and of the relationships between humans and non-humans within their physical environment. But, as Guattari argued, we cannot fully understand our present epoch and the issues arising from the ecological state of emergency if we do not also analyze the mental and social spheres–that is to say the psychological, cultural, organizational, and technical features of our way of living–in a strict relation to the environmental one.

This framework is very fruitful for understanding the possible role played by UCBs within urban regeneration actions (regeneractions), as well as the kind of co-designed activities that these figures could locally implement in order to tackle contemporary urban issues (from the redesign and reuse of architectural spaces, to the redesign of proximity services). The three levels of analysis (mental, social and environmental) proposed by Guattari are equally important to be taken into account:

i) for when we imagine the possible regenerative actions for the ecological renewal of our cities and our ways of living in urban contexts;

ii) as well as for individuating the necessary characteristics (skills, knowledge) needed by UCBs that this project aims to empower–or better, to capacitate (A. Sen, 2000; B. Stiegler, 2020), that is to say, to improve their ability to act, individually and collectively, in their environment.

Hence, UCBs are major vector-figures for a democratic, inclusive, and just ecological transition. They are intended here as both a moral or juridical person (NGO, association, innovation hub, and the like) who plays a pivotal role in urban spaces through the creation of trans-sectorial and trans-disciplinary activities in a territory with a strong connection with local networks of trust that are often already present but need to be supported for rethinking and enacting new relationships between cities and the peri-urban areas. 

When these networks are not already established, UCBs work toward that direction. The aim? Taking care of individual, social and environmental local issues in strong collaboration with private and public territorial actors. This new professional profile could be inserted within already existing public institutions or recognised by (and strongly collaborate with) them from the exterior. Given the different forms of collaboration that are already existing in many territories and which have been studied by the RegenerAction project so far, we do not want to restrict the possibilities for these new forms of work that are needed in our territories. Physical presence, proximity, and knowledge of the territorial actors are key features for (re)building the sense of belonging and a new territorial model of economic and social development.

The experimentation of such activities is urgent and necessary to found new political-institutional, socio-economic, as well as new technological imaginaries against the closure of the possible that is conceptually embodied in what has been called the Anthropocene era. In the climate and social emergencies that characterizes our contemporary era, this reinvention requires close collaboration between active inhabitants and institutions within these territories that are bearing imagination, energy and possibility for a better future.

The project aims to acknowledge and appreciate the contributions of these individuals, comprehend their responsibilities, and identify The specific competencies required to initiate participatory regeneration efforts through the adoption of best practices. The project also seeks to provide comprehensive training to these Urban Community Builders, focusing particularly on three key areas that align with European policie

• Green competencies: Reference will be made to the Green Comp framework, emphasizing the importance of environmental knowledge and skills in urban regeneration initiatives.

• Public-private-people partnership: Recognizing the significance of engaging the community, the project emphasizes the establishment of collaborative relationships among public, private, and community stakeholders.

• Digital skills: Given the era of digital transformation, effective communication through digital tools is vital in conveying the desired changes and fostering community involvement.

Paris kick-off meeting – 16th and 17th of February, 2023
Paris kick-off meeting – 16th and 17th of February, 2023

Séminaire préparatoire : 25 et 26 juin 2024 

Maison Suger, FMSH, 16 rue Suger, 75006 Paris

Partenaires :

ECOLOGIE ET ORGANOLOGIE DE L’INDUSTRIE

Pour une bifurcation vers l’éco-technologie et les nouvelles localités industrielles

1 – Thème des entretiens

Le 12 mai 2023 en visite à Dunkerque, ville du Nord érigée par l’Élysée en symbole de sa politique de réindustrialisation tournée vers la transition écologique, Emmanuel Macron a confirmé l’implantation d’une usine de batteries du taïwanais Prologium (3000 emplois, investissement de 5,2 milliards d’euros) ainsi que la construction prochaine d’une usine de batteries électriques au lithium (1700 emplois, investissement de 1,5 milliard d’euros) fruit d’un partenariat entre le français Orano et la société chinoise XTC. Selon le vice-président de ProLogium1, ces projets de « gigafactorys » constituent un « véritable écosystème pour les batteries dans le nord de la France ».

A quelle « écologie » cet « écosystème » fait-il référence ? S’il procède bien d’une « planification écologique » s’appuie-t-il sur des dynamiques territoriales durables ou répond-il d’abord à un contexte géopolitique national et international ? Ne faut-il pas renoncer à la notion d’écosystème quand celle-ci n’a plus aucun des caractères anti-entropiques et historiques que l’on trouve dans le vivant ?

Dans le cadre de nos entretiens, pour mieux comprendre les enjeux et les tensions et proposer de nouvelles approches industrielles, nous partons de la richesse et de la diversité des « localités » qui produisent de nouveaux savoirs. Est-ce que les fablabs, les usines distribuées, les circuits courts, l’économie circulaire, les projets low-tech et les coopératives numériques peuvent contribuer à une dynamique d’innovation ascendante qui crée une « nouvelle écologie industrielle » ?

Écologie et industrie. Au premier abord, les deux termes semblent antinomiques tant l’actualité politique dresse de plus en plus les défenseurs de l’environnement contre les tenants d’un capitalisme vert ou d’un techno-solutionnisme éclairé comme seul remède possible à la crise. Loin de tout retour à une ère post-industrielle, ne faut-il pas repenser à la suite de Bernard Stiegler une ère hyper-industrielle comme porte de sortie au modèle productiviste de la même manière que la Convention et le Saint-Simonisme posaient l’industrie comme une nouvelle révolution ?

La question de l’industrie était déjà à l’origine de la création de l’association Ars Industrialis en 2005 qui proposait de partir de cette définition pour la critiquer et la dépasser : « L’industrie est ce qui suppose du capital libre s’investissant dans de la technologie permettant de gagner en productivité et de réaliser des économies d’échelles ». Comment aujourd’hui repenser cette question de la productivité et donc de la production dans ce que beaucoup évoquent comme une nécessaire « transition » ? Or, même le discours sur la « transition », se révèle être, à tout le moins sur le plan énergétique, au mieux une injonction consensuelle car non définie, ou au pire une contre-vérité scientifique et historique comme le soutient aujourd’hui Jean-Baptiste Fressoz2.

Plus que celle de la transition, notre hypothèse est celle de la « bifurcation »3 à la suite de Gilbert Simondon et Bernard Stiegler. Elle tient d’une part qu’il n’y a pas d’écologie possible sans organologie et sans pharmacologie et que, d’autre part, repenser l’écosystème de l’industrie c’est d’abord penser la technologie comme un écosystème. Ne faut-il pas ici tisser des relations d’échelle et des analogies entre l’industrie et la technologie telle que théorisée par Simondon ? Une « éco-technologie » pour reprendre le terme jamais employé par Simondon mais tel qu’il est discuté dans l’ouvrage collectif dirigé Jean-Hugues Barthelemy et Ludovic Duhem4 ou plus récemment par Victor Petit dans l’ouvrage coordonné par Mathieu Triclot5 mais qui était déjà discuté dans les colloques de Cerisy organisés par Vincent Bontems en 2016 et en 20236.

Cette question de l’éco-technologie est à l’opposé d’une vision « verte » de l’industrie qui se réduit le plus souvent à diminuer l’impact énergétique, ou l’impact carbone. C’est une vision systémique qui reconsidère des localités de production où la question du « rendement » ou du « progrès » s’envisage à la suite de Simondon d’abord comme une « concrétisation » c’est-à-dire une optimisation métastable du couplage des individus (biologiques, techniques, sociaux) à leurs milieux. N’est-ce pas une autre manière de s’interroger sur la mécroissance ? N’est-ce pas aussi une adresse aux designers pour concevoir des dispositifs capables d’intégrer les contraintes des grandes échelles dans un fonctionnement local ? Une dynamique visant à développer une nouvelle forme de « bienveillance dispositive » qui croise, à bien des égards, ce que l’on nomme aujourd’hui le mouvement « low-tech » et une forme d’extension industrielle des Fablabs ?

Cette nouvelle écologie industrielle serait en réalité imprégnée d’un « milieu » numérique qu’il n’est plus légitime d’isoler comme une filière indépendante. Pourtant, ce milieu apparaît plus que jamais à la fois comme le poison et le remède. Un pharmakon qui, par son impact énergétique (le numérique représente 10% de la consommation énergétique avec un doublement tous les 4 ans), à la fois révèle (apokálupsis) et masque l’ampleur d’une crise qui n’est pas qu’énergétique et environnementale puisqu’elle affecte aussi nos pratiques sociales et intellectuelles. En effet, le déploiement massif des systèmes de traitement de grandes masses de données, dits « d’intelligence artificielle » affecte à présent profondément le monde du travail et de l’industrie mais aussi la production de savoir et la vie de l’esprit. De même que nos systèmes biologiques sont bouleversés par une réduction dramatique de la biodiversité, l’hégémonie des plateformes numériques planétaires et leur utilisation massive de l’IA pour produire du code provoque une perte de technodiversité dans les environnements de développement et favorise aussi, par la maximisation du probable, une menace pour la noodiversité. Nous sommes inexorablement entrainés dans une nouvelle course à la croissance du recours au calcul qui produit une civilisation non pas trop technicienne mais mal-technicienne selon l’expression du philosophe Gilbert Simondon7. Comment, dès lors, repenser une industrie non seulement éco-responsable et sobre, voir ouverte à des renoncements positifs8 mais aussi plus ouverte à de nouvelles formes de savoirs, savoir-faire et savoir-vivre ? Quelles analogies et perspectives croisées pouvons-nous tisser entre le soin de la Terre et le soin de nos écosystèmes industriels ? C’était déjà l’enjeu de nos derniers Entretiens du Nouveau Monde Industriel en 2022 sur le thème « Organisation du vivant, organologie des savoirs » et en 2023 sur « Jeux, gestes et savoirs ». Il s’agit aussi cette année de croiser à nouveaux frais cette question des écosystèmes industriels avec l’enjeu déterminant de la fabrique de la ville, objet de nos Entretiens en 20189.

Penseur des territoires apprenants, Pierre Veltz tient que cette nouvelle industrie façonne et est à la fois modelée par le territoire. Elle oblige à repenser à nouveau frais la localité, loin de tout localisme national ou de vision uniforme de la « relocalisation ». De multiples dispositifs et labels nationaux entendent y contribuer : Territoires d’industrie, Territoires d’innovation, Contrats de relance et de transition, Cœur de ville, Petites villes de demain, …10 L’approche nécessite bien une vision, non seulement technocratique, mais aussi politique dans un contexte où les frontières traditionnelles de la « production » se brouillent, hors du clivage production (artificiel)/engendrement (naturel), et où la production ne s’oppose plus à la « consommation ». Cette approche relancerait peut-être la nécessité d’une articulation sobre et durable, d’une intermittence garantie à tous, entre outil et milieu, entre l’usine et la ville, entre autonomie et hétéronomie, entre travail et emploi. Intermittence au cœur de la proposition de l’économie contributive expérimentée par l’IRI en Seine-Saint-Denis à travers le programme Territoire Apprenant Contributif et la monnaie locale ECO11.

2 – Contexte des entretiens préparatoires

Comme chaque année pour préparer les Entretiens du Nouveau Monde Industriel, l’IRI organise un séminaire favorisant le dialogue et les échanges avec des contributeurs de diverses disciplines et de différents domaines industriels. En croisant pensée théorique et expériences de terrain – y compris celle conduite par l’IRI en Seine-Saint-Denis – il s’agit cette année de tenter de penser les conditions d’une bifurcation vers le design de nouveaux milieux industriels. Cette nouvelle « écologie de l’industrie » – à la fois méthode et système – est ici pensée comme une organologie au sens de Bernard Stiegler en ce qu’elle articule à nouveau frais les écosystèmes biologiques, technologiques et socio-économiques. Elle s’appuie sur la pensée simondonienne d’une éco-technologie pour reconfigurer de nouvelles localités industrielles en prise directe avec les bouleversements géopolitiques et cosmotechniques contemporains. Au redéploiement industriel des années 80/90 permis par la planétarisation des techniques numériques des réseaux (technosphère) et au mythe de l’industrie sans usines, a succédé une géopolitique de l’anthropocène qui impose de repenser l’articulation entre l’industrie et la société et entre production et (re)génération, la place des travailleurs et des habitants, le rôle de la science et la question de la redistribution de la valeur.

Le séminaire préparatoire est programmé les 25 et 26 juin en partenariat avec la FMSH (Maison Suger) et les Entretiens des 18 et 19 décembre au Centre Pompidou concluront cette année de travaux en favorisant au maximum la présentation de méthodes d’expérimentation concrètes notamment de la part des pouvoirs publics, de l’ESS et des acteurs de la nouvelle industrie décentralisée comme des grands groupes.

3 – Programme

25 juin

10H-12H30

Session 1 – Transition ou bifurcation ? Regards croisés sur l’histoire et les politiques industrielles

Transition ou bifurcation ? Écosystèmes ou milieux ? Planification centralisée ou innovation ascendante ? Modèles physiques ou modèles biologiques ? Quels regards pouvons-nous porter sur l’histoire de l’industrie et des politiques industrielles et sur leurs fondements épistémologiques et sémiotiques pour dégager une nouvelle critique et une nouvelle fabrique de l’industrie ?

Intervenants

  • Giuseppe Longo, mathématicien (ENS-Cnrs) – Le nouveau pythagorisme impératif, convergences épistémiques entre technosciences et industrie
  • Sophie Pène, sociolinguiste (Un. Paris Cité) – Ce qu’écosystème veut dire, dans la langue du « réarmement de l’économie »
  • Michal Krzykawski, philosophe (Silesia Un. et programme NEST) – Les fonds socioculturels de l’intelligence artificielle. Quels épistémologies pratiques et savoir-faire pour les grands modèles de langage européens ?
  • Pierre Musso, philosophe (professeur honoraire à Telecom ParisTech) – La vision occidentale de l’industrie construite à coups de bifurcations

14H-16H30

Session 2 – Eco-technologie, techno-esthétique et imaginaires de l’industrie

Pour Gilbert Simondon, l’individu (et par extension l’objet technique) qui optimise le « rendement » de son rapport à son milieu fonde une « techno-esthétique » à tel point que nous devrions pouvoir distinguer, dans le monde industriel, les systèmes monstrueux ou infidèles à leur milieu, des systèmes optimisés dans leur concrétisation, c’est-à-dire aussi proches des systèmes biologiques. Comment cette approche que l’on peut qualifier d’« éco-technologique » peut-elle modifier nos démarches d’ingénierie et de design mais aussi les pratiques esthétiques elles-mêmes ? Comment les communautés alternatives et notamment dans le champ de l’écologie peuvent ainsi se réapproprier un discours sur l’industrie ?

Intervenants

  • Victor Petit, philosophe (UTT) – Eco-technologie. Pour une conception orientée milieux.
  • Laurence Allard, maîtresse de conférences, Sciences de la Communication, Université Lille-Fasest-Etudes Culturelles/IRCAV-Sorbonne Nouvelle – Eco-technologies décoloniales :  faire avec les diggers de l’anthropocène 
  • Alexandre Monnin, philosophe (ESC Clermont) – Politiser le renoncement
  • Pierre-Antoine Chardel, philosophe (IMT-BS) et Olaf Avenati, designer (ESAD Reims)

17H-19H

Session 3 – Fabriquer, jouer pour se désautomatiser, vers une nouvelle écologie du travail

Dès son plus jeune âge, l’enfant est confronté à des jouets renforçant les stéréotypes avec lesquels il doit jouer et dont il doit se jouer. Le jouet est ainsi le lieu d’une automatisation à dépasser pour bifurquer. N’est-ce pas aussi l’enjeu de l’ergonomie que de mieux comprendre et maitriser les processus de production pour les dépasser dans le cadre d’une nouvelle écologie du travail durable ? Comment cette nouvelle conception du travail se forge depuis le plus jeune âge et comment peut-elle ouvrir à des perspectives de désautomatisation et de déprolétarisation dans l’entreprise ?

Intervenants

  • Marie-Claude Bossière, pédopsychiatre (IRI), Le jouet et sa récupération par l’industrie numérique – Effets délétères sur l’enfance et sur l’adolescence en l’absence d’une protection par le milieu.
  • Nadia Heddad, ergonome (Un. Paris 1)
  • Sébastien Crozier, Président de la CFE-CGC Orange

Intervention conclusive de la journée :

  • Mael Montévil, mathématique et biologie (Cnrs/ENS), Qu’appelle-t-on produire ?

26 juin

10H-12H30

Session 4 – Écologie et économie de l’industrie : investissement et croissance

Même si les deux notions gagnent à être distinguées, industrie et économie vont de pair. Cette session s’interroge sur les nouvelles écologies/organologies des territoires et leur impact sur les dynamiques économiques durables. Elle tente aussi d’éclairer comment une écologie de l’industrie implique une nouvelle écologie de la monnaie.

Intervenants

  • Franck Cormerais (IRI-Université Bordeaux Montaigne) – Ecologie et économie de la contribution, vers une solidarité organologique industrieuse
  • Jézabel Couppey-Soubeyran, économiste (Un. Paris 1 & Institut Veblen) – Transformer la monnaie pour rendre possible la bifurcation sociale-écologique
  • Laurent Monnet (Maire Adjoint de Saint-Denis, Conseiller Territorial Plaine Commune), industrie et économie urbaine (sous réserve) et Théo Sentis (IRI), coordinateur du projet de monnaie locale ECO, Industrie et économie urbaine (sous réserve)

14H-16H

Session 5 – Nouvelles Localités industrielles et usines distribuées

Il s’agira dans cette session de donner à voir des exemples concrets de ces nouvelles localités industrielles parfois anciennes ou parfois totalement reconfigurées par le nouveau milieu technologique ou numérique. Quelles leçons peuvent se dégager de ces singularités ?

Intervenants

  • Olivier Landau (IRI) – L’usine distribuée
  • Véronique Maire (ESAD de Reims) – Design, industrie et territoire – Intégration des designers pour tester la mise en réseau des acteurs de la filière bois autour d’outils numériques et de productions ciblées en circuit court avec une démarche d’éco-conception ?
  • Caroline Granier (La fabrique de l’industrie)

16H30-19H

Session 6 – Ecologie du numérique : Fablabs, low-tech, open-source, coopératives de données

Comment le numérique, souvent pointé du doigt pour son impact environnemental à l’heure du fort développement des IAG, peut-il dessiner de nouveaux écosystèmes à même de mieux se réapproprier son « contexte » local et global ? Comment les communautés du libre, « l’éthique du hacker », la figure de l’amateur et du bricoleur, peuvent reconstituer des espaces de capacitation, d’autonomie, d’invention et d’industrie ?

Intervenants

  • Frédéric Lemarchand, sociologue et Fréderic Villain (Demand Side Instruments)
  • Noel Fitzpatrick, philosophe (TU Dublin et programme NEST)
  • Paul Benoit et Rémi Bouzel (Qarnot Computing), La révolution du cloud computing et ses enjeux thermodynamiques et environnementaux.
  • Tahar Belaid (8 connect)

4 – Résumés

Laurence Allard (Université Lille-Fasest-Etudes Culturelles/IRCAV-Sorbonne Nouvelle), Eco-technologies décoloniales :  faire avec les diggers de l’anthropocène

La notion « d’éco-technolologies » sera déployée en contexte numérique pour prendre en considération des conditions matérialo-infrastructurelles d’existence des textualités générées par les applications mobiles ou services digitaux en suivant l’approche de la physiciennne queer Karend Barad du « material turn ». Le programme d’une saisie éco-technologique décoloniale du numérique impactant matériellement les milieux à tous les stades de son industrie se focalisera sur les tonnes de déchets alimentant les « mines urbaines » de l’anthropocène. Ce sont plus particulièrement aux « mines urbaines domestiques » et aux acteurs mobilisés autour de ces « communs négatifs » (Alexandre Monnin)  que sont les réparateurs associatifs, les designers ou artistes concernés, les militants écologistes décoloniaux dans différents contextes (repair café, fablabs) que sera consacrée cette communication. En hommage aux premiers « bêcheux » luttant contre les enclosures et pionniers du mouvement des communs en s’opposant aux enclosures du 17ème siècle ainsi qu’aux artistes  de la culture libre du San Francisco des années 1966, nous appellerons « diggers de l’anthropocène » celles et ceux qui reconfigurent  avec ingéniosité et développent un imaginaire du numérique du « faire avec et du déjà là » et agissent pour le mouvement naissant de l’urban digging. 

Paul Benoit et Rémi Bouzel (Qarnot Computing), La révolution du cloud computing et ses enjeux thermodynamiques et environnementaux.

Qarnot est un fournisseur de services cloud avec une approche innovante qui valorise la chaleur fatale informatique pour alimenter des réseaux de chaleur, des piscines et des industries. Les services cloud tiennent aujourd’hui un rôle central dans notre économie. Ces services s’appuient sur le déploiement massif de datacenters, déploiement qui est comparable à celui des usines du XXème siècle sur lesquelles s’appuie toujours la production des biens de consommation. Les puissances de calcul atteintes sont sans précédent et les enjeux thermodynamiques que nous rencontrons dans le champ énergétique sont inédits. Cette présentation sera l’occasion de revenir sur ces enjeux, de rappeler les pratiques traditionnelles de réduction de l’empreinte environnementale des datacenters et les nouvelles voies portées par la recherche académique et des entreprises comme Qarnot.

Pierre-Antoine Chardel (IMT-BS) et Olaf Avenati (ESAD de Reims), Désalignement, design et nouvelles formes de la matérialité

Nous vivons actuellement un désalignement (Latour), une dissonance entre la société d’abondance d’objets et de services, relais des récits fatigués portés par la société de consommation, d’une part ; et d’autre part une nouvelle réalité, un nouveau monde, dont l’enjeu est la préservation de l’habitabilité de notre « spaceship earth » (Buckminster Fuller). Si nous semblons encore collectivement hésiter sur les chemins que nous voulons emprunter pour préserver cette habitabilité, nous voyons bien la nécessité d’établir un autre rapport au monde matériel. Mais nous peinons à élaborer et à diffuser des visions de cet avenir. Par ailleurs, les technologies numériques, particulièrement dans leurs derniers développements (outils accélérateurs/normalisateurs de la production et de l’interaction, déplacement du travail vers les IA génératives, adossement aux semi-finis de tiers) posent le récit d’un pouvoir d’agir dématérialisé, sans limites d’usage, radicalement transformateur et libérateur, et accessible à tous comme une commodité. Au plan de l’expérience esthétique, l’intégration discrète de ces technologies dans le quotidien, leur intuitivité, leur apparente quasi-gratuité sont perçus comme des qualités. Alors même que ces technologies nécessitent en réalité beaucoup d’efforts de conception et d’énergie pour obtenir cette apparente légèreté. A partir de là, il nous semble intéressant, utile, et même nécessaire, de tenter, par le design, de donner forme à un nouveau rapport à la matérialité, nourri à la fois par les connaissances scientifiques et empiriques, en posant l’hypothèse qu’un travail sur les formes peut proposer de nouvelles représentations et porter des récits régénérés. Intéressant, car ces explorations nous aident à mieux percevoir la complexité des faits dans le monde matériel qui nous entoure. Utile, car ces représentations qui dé-spécialisent, qui désenclavent les connaissances, peuvent servir de plateforme à une conversation plus ouverte à l’ensemble des parties prenantes. Nécessaire, peut-être, en ce qu’elle pourraient constituer, par accumulation du déjà-là, les grains encore épars d’une force de basculement des représentations pour déplacer l’imaginaire sociétal et aider à l’aligner avec la matérialité du monde vivant.

Jézabel Couppey-Soubeyran, économiste (Un. Paris 1 & Institut Veblen) – Transformer la monnaie pour rendre possible la bifurcation sociale-écologique

On ne changera pas la société en changeant seulement la monnaie, mais on ne la changera pas non plus sans changer la monnaie : tout grand changement sociétal va de pair avec un changement monétaire. La bifurcation écologique et sociale devra donc s’appuyer sur une bifurcation monétaire, adaptant la monnaie aux défis de notre temps pour mobiliser sa puissance de transformation. Les formes institutionnelles de la monnaie ne sont pas gravées dans le marbre, comme le révèle son histoire longue, des premières monnaies-coquillages aux cryptomonnaies récentes. Elles se réinventent à chaque époque en cohérence avec les bouleversements économiques, politiques ou culturels qui transforment la société.
Dans le pouvoir de la monnaie (Editions Les liens qui libèrent, janvier 2024), Jézabel Couppey-Soubeyran et ses co-auteurs défendent la mise en place d’un mode de complémentaire de création de monnaie centrale affectée au financement de la part non rentable des investissements indispensables à la bifurcation sociale-écologique de nos sociétés. Cette proposition s’inscrit dans une approche de la monnaie qui croise économie institutionnaliste, histoire anthropologique, et philosophie. 

Ressource : https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Le_pouvoir_de_la_monnaie-9791020924261-1-1-0-1.html

Giuseppe Longo, mathématicien (ENS-Cnrs) – Le nouveau pythagorisme impératif, convergences épistémiques entre technosciences et industrie

Le codage numérique de lettres de l’alphabet, une pratique certes très ancienne, est devenue une technique rigoureuse et générale grâce aux mathématiques des années 1930. L’encodage de l’univers dans des suites discrètes (bien séparées) de nombres et de lettres s’en est suivi, au cours et après la IIème guerre mondiale – justement qualifiée de « guerre du code ». Les suites finies de lettres et de nombres entiers deviennent alors un équivalent général du « tout est code » : les chromosomes sont assimilés à un « code-script » du développement avec Schrödinger en 1944 ; toute forme, dans n’importe quel nombre de dimensions, peut être aujourd’hui encodée sur un écran fait de pixels, à leurs tours encodés par des suites de 0 et de 1 dans la mémoire d’un ordinateur. Or, les langages de programmation, même ceux qui nous permettent de dessiner, d’enregistrer et de produire la parole… sont encodés dans des suites de 0-1, en passant par des compilateurs et des systèmes d’exploitation, qui décrivent des ordres pour modifier d’autres suites de 0-1. Et, sur l’écran d’un ordinateur, où rien ne bouge, une pomme (rouge) tombe car des ordres (un programme) imposent à des pixels de changer de couleur, blanc/rouge/blanc, des changements d’état. « Les lois de la physique sont des algorithmes », proclament de nombreux récipiendaires du Turing Awards (Leivant, Pearl) : elles suivent un déterminisme laplacien, enrichi par des interactions entre programmes. De même, l’ADN est une suite d’instructions (un programme), nous expliquent des Prix Nobel de biologie (de Monod à Doudna, 2020). Le monde fonctionne donc car il obéit à des ordres, en dépit du bruit qui peut, occasionnellement, en affecter le réglage cartésien (Monod), l’exactitude de l’« édition » (editing) de l’ADN (Doudna), la dynamique laplacienne (Pearl). Faire de la science contre ce pythagorisme impératif qui nous gouverne et qui s’est imposé dans l’industrie demande aux jeunes le courage de bifurquer vers des visions dialectiques et immanentes, qui promeuvent la diversité théorique et d’analyses causales, la production de nouveauté en collaboration, non-préprogrammées par le pouvoir économique, politique et industriel.

Ressource : https://www.di.ens.fr/users/longo/files/Couv_Table-introLeCauchemarPromethee.pdf

Véronique Maire (ESAD de Reims) – Design, industrie et territoire

Comment intégrer des designers pour tester la mise en réseau des acteurs de la filière bois autour d’outils numériques et de productions ciblées en circuit court avec une démarche d’éco-conception ? Collaboration avec le CRITT Bois.

Ressource : https://chaire-idis.fr/projets/continuum-numerique-filiere-bois/

Alexandre Monnin, philosophe (ESC-Clermont) – Au-delà de l’anti-industrialisme et du business as usual, est-il possible de bien poser les questions techniques et industrielles aujourd’hui ?

La question technologique est au cœur des bouleversements en cours. Que l’on évoque l’Anthropocène, le Capitalocène ou encore le franchissement en cours des limites planétaires, dans tous les cas, la technologie occupe un rôle central et apparaît pour les uns comme la cause de nos maux, et pour d’autres, comme la solution à ces derniers. Elle est souvent convoquée sur le banc des accusés au titre d’une critique du techno-solutionnisme ou de l’extractivisme. Plusieurs publications récentes mettant en cause la transition énergétique de même que des chantiers industriels en cours (en particulier le projet de mine de lithium d’Échassières, dans l’Allier) ont accentué la critique de l’industrialisme et l’ont étendu à la transition écologique elle-même, contribuant à la décrédibiliser (d’une manière assez spécifique à la France, les questions de transition écologique et de justice climatique se mariant mieux dans d’autres pays), parfois en résonance avec les efforts de désinformation des lobbies climato-négationnistes. Un ré-ancrage territorial, axé sur les enjeux de subsistance, prendrait ainsi la place d’une modernité sur le point de chanceler. Pourtant, à rebours de ces velléités, tous les scénarios du GIEC nécessitent un certain niveau de développement et de transfert technologique pour sortir de l’ornière – en plus des changements importants en matière de politique, de gouvernance, de lutte contre les inégalités, etc. D’autres scénarios, décroissants ou assimilés, mobilisent également les gains d’efficacité à venir et la décarbonation pour imaginer des modes de vie viables à 8 milliards d’individus. Quelle place, dès lors, un point de vue informé et un tant soit peu radical (au sens étymologique du terme) doit-il accorder à la technologie et à l’industrie ? La voie du rejet ou la bascule vers les low-tech est-elle la seule possible ? Faut-il sortir de la production, comme nous y invitent, à différents titres, Bruno Latour, Baptiste Morizot, Dusan Kazic ou Emilie Hache ? Est-ce envisageable sans sombrer dans une forme de gnosticisme ? Dans le cas contraire, existe-t-il aujourd’hui une possibilité de faire place à la technologie et à l’industrie de manière non-naïve, en intégrant la question du renoncement, et sans laisser de côté les questions difficiles pour l’écologie de la puissance et de la géopolitique, plus vives que jamais.

Ressource : https://www.editionsdivergences.com/livre/politiser-le-renoncement

Maël Montévil (ENS-Cnrs) – Qu’appelle-t-on produire ?

Les notions de production et d’industrie ont, contre leurs origines historiques, été confinées dans les deux dernier siècles à ce que l’on appelle le secteur secondaire, le secteur primaire étant, lui, dévolu à la matière dite première et qui regroupe pelle-mêle l’exploitation du vivant sauvage et domestique ainsi que l’extraction minière. Pourtant les fourmis sont bien  – plus ou moins – industrieuses, le concept de reproduction est l’un des plus fondamental en biologie et même les processus physiques irréversibles produisent de l’entropie. Alors que le champs et les acteurs de l’industrie se reconfigurent tant pour des raisons technologiques « qu’écologiques », il nous semble pertinent de repenser ce que signifie produire à l’aune tant de la physique que de la biologie et de la technologie.

Sophie Pène, sociolinguiste (Un. Paris Cité) – Ce qu’écosystème veut dire, dans la langue du « réarmement de l’économie »

Lors de ses vœux 2024, Emmanuel Macron a souhaité marquer les esprits avec la métaphore d’un « réarmement » s’appliquant entre autres à l’économie, aux services publics, à « la relance de nos industries vertes ». « Réarmement » qualifiea posterioriune politique industrielle dont la langue sera sommairement décrite ici au travers de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) Compétences et Métiers d’Avenir (CMA, France 2030), de ses différents discours d’accompagnement et de projets lauréats. L’hypothèse discutée concerne le façonnement d’un fac-similé d’écosystèmes, qui aurait entre autres marques la volonté de promouvoir une « langue » (au sens de V Klemperer, lu par J Chapoutot, « qui s’insinue dans le langage courant et s’inscrit de manière inconsciente au plus intime de chacun »). Que dit cette langue décrivant un écosystème industriel circonstanciel et artificiel : 1- du récit public politique et administratif sur l’industrie comme élément d’écosystèmes sociaux et vivants, 2- de la prise en compte ou non de la relation des jeunes à l’industrie (puisque le programme CMA vise des « compétences » pour l’industrie future),  3-  des contraintes adaptatives que les entités candidates admettent pour parler cette langue et devenir éligibles aux financements, 4- de la prise en compte ou non du cadre actuel réel, scientifique, philosophique, moral, écologique, au sein duquel s’inscrira historiquement la volonté gouvernementale. En conclusion, et en vue de la discussion, s’ensuit-il une conception de l’industrie qu’une analyse organologique pourrait accompagner dans une reconception régénérative et restaurative ?

Victor Petit, philosophe (UTT) – Eco-technologie. Pour une conception orientée milieux.

Il s’agira d’expliciter ce qui distingue l’éco-technologie de l’ingénierie environnementale, et pour ce faire de mettre en avant ce que nous avons appelé dans un manuel collectif récent la « conception orientée milieux ». Nous montrerons en quel sens une certaine philosophie du Milieu-Tech est susceptible de subvertir les oppositions classiques, d’ouvrir la technologie sur son milieu, de substituer le soin à la maîtrise et de développer une techno-diversité.

Ressource :

https://materiologiques.com/fr/essais-2427-4933/388-prendre-soin-des-milieux-manuel-de-conception-technologique-9782373614473.html

Notes :

1 Cité dans l’article du Monde et de l’AFP publié le 12 mai 2023

2 Jean-Baptiste Fressoz, Sans transition. Une nouvelle histoire de l’énergie, Seuil, 2024

3 Bernard Stiegler, Bifurquer, il n’y a pas d’alternative », Collectif, éd. de poche, Les Liens qui libèrent, Paris, 2022

4 JH Barthélémy et L. Duhem (Dir.), Ecologie et technologie. Redéfinir le progrès après Simondon. Ed. Matériologiques, 2022

5 Victor Petit, « L’écologie de Bernard Stiegler. », 30 juin 2021, Cahiers Costech, numéro 4 ; V. Petit, C. Collomb. « Chapitre 2. Situer l’écologie technologique de Simondon ? », in Jean-Hugues Barthélémy éd., ibid., pp. 63-82 ; Victor Petit, « Chapitre. 3, Technologie du milieu vs. Ingénierie de l’environnement », in Mathieu Triclot, Prendre soin des milieux. Manuel de conception technologique, éd. Matériologiques

6 Où sont les technologies d’avenir ? Colloque organisé sous la direction de Vincent Bontems (INSTN-CEA), Christian Fauré (Octo Technology) et Roland Lehoucq (CEA Saclay), 30/08-5/09/2023

7 Gilbert Simondon, Sur la technique, PUF, p. 411.

8 Alexandre Monnin, Politiser le renoncement, Divergences, 2023

9 Bernard Stiegler (Dir.), Le nouveau génie urbain, Fyp, 2019

10 Caroline Granier, Refaire de l’industrie un projet de territoire, préface de Pierre Veltz, Presses des Mines, 2023, p. 7

11 https://lecoleduterrain.fr/maniere-de-faire/leconomie-contributive/

L’IRI a travaillé sur le développement d’une plateforme pour et avec la FCPE la Fédération nationale des conseils de parents d’élèves qui rassemble un ensemble de parents d’élèves, pour en savoir plus voir le site : https://www.fcpe.asso.fr. La plateforme a été pensée et construite sur une architecture orienté vers le groupe, pour le groupe, à destination des parents d’élèves.

L’organisation Automedias.org (https://automedias.org/fr/), le programme de recherche The Disruptive Condition de l’université de Leuphana (https://www.leuphana.de/en/portals/research-initiative-the-disruptive-condition.html) et l’IRI ont le plaisir de vous inviter le mardi 30 janvier de 17h30 à 19h30 à la première séance du séminaire « Automedias : le Médiactivisme Disrupté ? » organisé par Automedias.org et intitulée:

« Automedias et Affects Politiques. Selon quelle stratégie politique le modèle automédiatique peut-il se distinguer du modèle médiactiviste? »

Vous pouvez retrouvez plus d’informations avec le dossier complet du séminaire disponible ici.

Le séminaire se tiendra en salle Triangle du centre Pompidou.

–> (https://www.iri.centrepompidou.fr/pied/contact/).

Vous trouverez les actualités de l’IRI sur LinkedIn ICI.

Séminaire préparatoire : 5 et 6 juillet 2023 

Maison Suger, FMSH, 16 rue Suger, 75006 Paris 

Jeux, gestes et savoirs 

En collaboration avec la Bibliothèque Publique d’information du Centre Pompidou, l’Association des Amis de la Génération Thunberg et le programme européen NEST. 

Partenariat : Cap Digital 

Sur inscription à : contact@iri.centrepompidou.fr 

Vous pouvez télécharger le programme ici.

Peut-on jouer avec une machine ? et qu’est-ce qu’une machine ? sont des questions anciennes qu’il s’agit de se reposer à l’aune de la disruption Chat GPT. Tel pourrait être le défi de ces Entretiens du Nouveau Monde Industriel tant l’usage grand public des modèles statistiques de langage introduit une disruption massive dans nos pratiques noétiques et le développement de nos savoirs et réinterroge la question fondatrice du « jeu de l’imitation » introduite par Alan Turing. En effet, l’hypothèse ici explorée place le jeu comme nouvel espace de capacitation articulant le calculable et l’incalculable, c’est-à-dire ce que les designers de jeux désignent par le game et le play, règles et expérience, dans un contexte de production des savoirs littéralement disrupté par des modèles statistiques dont les règles ne sont pas explicitées, compromettant ainsi toute forme de play, d’élaboration, d’interprétation. Le jeu avec Chat GPT est-il possible, tant il semble n’y avoir aucun « jeu » dans ce qui nous soumet au règne de la synthèse artificielle en inhibant toute forme d’analyse ? Est-ce encore un jeu, ou une ultime gamification, quand nous semblons condamnés à ne pouvoir gagner, sans jamais pouvoir perdre ? 

Ce séminaire est conçu comme un temps de préparation et d’échanges en vue du colloque qui se tiendra les 18 et 19 décembre au Centre Pompidou. Il entend apporter un éclairage théorique, historique et épistémologique sur le pouvoir du jeu à nous capaciter dans l’interaction avec le calcul. Nous aborderons pour cela comment passer d’une théorie des jeux historiquement située dans le champ mathématique à la question du jeu dans le champ biologique. Le jeu est aussi un espace des valeurs et de la valeur qui après Abraham Moles nous invite à repenser la question des jeux d’argent. Mais le jeu n’est pas que règles, il est chez Winnicott la condition du développement de l’espace potentiel chez l’enfant et de la culture chez l’adulte. Cette projection primordiale engage le corps, la main, le geste comme processus temporel pouvant résister à l’immédiateté du calcul.  

Notre hypothèse sera ici de penser comment les gestes numériques peuvent se jouer de la gouvernementalité des corps et des esprits qui pourrait être la principale menace de certains métavers intégrant IA et monnaie. Ce sont d’abord les gestes du designer de jeu mais aussi et surtout les gestes du hacker, de l’amateur, du bricoleur, de l’artiste parfois à même de défendre une esthétique low-tech salutaire. Un geste digital (au sens où ce terme désigne en anglais à la fois le nombre et le doigt) qui doit être en mesure de laisser du « jeu » à la trace, au « hors-texte », qui doit revendiquer une forme de spectralité, la transitivité de la main qui produit ce qu’E. Housset nomme le style.  

Car c’est bien d’une nouvelle écriture, d’une nouvelle grammatisation, d’une organologie des savoirs et d’une techno-esthétique dont il s’agira d’étudier ici la pharmacologie à l’âge de Chat GPT dans de nouveaux espaces éducatifs où – à l’image de la plateforme Urbanités Numériques en Jeu expérimentée par l’IRI dans les collèges et lycées de Seine-Saint-Denis – le jeu, œuvre et ouvre le jeu et laisse la place au je et au nous d’une localité capacitante. 

5 juillet – 10h30-12h30 

Séance 1 – Geste et Jeu 

Gestes et psychologie du jeu chez l’enfant 

Coordination : Marie-Claude Bossière 

En considérant avec Donald Winnicott que les tout premiers gestes de l’enfant sont déjà un jeu avec la réalité, avec le monde, avec l’espace potentiel, comment pouvons-nous renouveler notre interprétation de ce qui se joue aujourd’hui avec ce que l’on ne nomme précisément plus des jouets, ni même des jeux lorsqu’il s’agit de véritables disrupteurs attentionnels, des nudges, ou des dispositifs de gamification exploitant notre système dopaminique ? Comment repartir des gestes premiers de l’enfant pour reconsidérer la place du geste dans le numérique, c’est-à-dire du mouvement dans un contexte où espace et temps se distinguent et soutiennent un désir de se projeter grâce à de nouvelles formes de réflexivité ou à travers de nouvelles interfaces gestuelles et sensorielles. 

  • Marie-Claude Bossière, pédopsychiatre (IRI) 
  • Morgane Balland, psychomotricienne. 
  • Nadège Haberbusch, formatrice éducation et jeu 
  • Miriam Rasse, psychologue, fondatrice de Pikler Loczy France 

5 juillet – 14h00-16h30 

Séance 2 – De la théorie des jeux au jeu du vivant 

Coordination : Giuseppe Longo et Maël Montévil 

La théorie des jeux de Von Neumann propose une vision cybernétique et panoptique des différentes typologies de jeux dans le contexte géopolitique de la guerre froide. Cette approche mathématique qui a montré son efficacité aux débuts de l’informatique nous projette dans un contexte pourtant très différent de notre situation contemporaine dominé par l’approche statistique du monde. Comment à la fois « se jouer » de cette tendance statistique et dépasser le cadre réducteur de la théorie des jeux ? N’est-ce pas ce que fait le vivant lui-même ? Cette session ouvrira à la question du « jeu » du vivant et comment il peut inspirer de nouveau modèle de jeu. 

  • Giuseppe Longo, mathématicien (ENS-CNRS) 
  • Jean Lassègue, philosophe et épistémologue (EHESS) 
  • Maël Montévil, théoricien de la biologie (ENS-CNRS) 
  • Anna Longo, philosophe (CIPh) 
  • David Bates, philosophe (UC Berkeley) 

5 juillet – 16h30-19h 

Séance 3 – Les territoires de la gamification 

Coordination : Armen Khatchatourov 

Artistes, designers et scientifiques réunis pour débattre de la gamification comme nouveau paradigme de la mise au travail du public. La gamification ouvre-t-elle de nouveaux territoires d’émancipation ou bien nous confronte-elle à des nouvelles formes d’assujettissement ? Comment les territoires – territoires au propre comme au figuré - sont-ils réagencés ? Quelles formes de gouvernementalité et de technodiversité y sont à l’œuvre ? 

  • Armen Khatchatourov, MCF (DICEN-IdF, UGE): « Les territoires de la gamification : persuader et contrôler » 
  • Nicolas Maigret et Marie Roszkowska, artistes (Disnovation.org) : « Traduire les données scientifiques en concept : jeu de données et limites de l’imagination » 
  • Noel Fitzpatrick, philosophe (TU Dublin) : « Gamification et technodiversité » (en distanciel) 
  • Warren Sack, Media studies (Un. de Santa Cruz) 
  • Nicolas Tilly, designer numérique 
  • Filipe Vilas-Boas, artiste (sous réserve) 

6 juillet – 10h-12h30 

Séance 4 – Jeux d’argent et enjeux de société 

Coordination : Franck Cormerais 

Les éléments mobilisés par le jeu, selon Roger Caillois, sont la compétition (agôn) la chance (aléa), le mimétisme (minicry) et le vertige (ilinx). A des degrés divers l’argent les rencontre tous. L’agent forme aussi un apprentissage aux notions de gain et de perte, il devient le jeu d’une balance entre plus et moins, positif et négatif, entropie et néguentropie. En abordant le jeu dans ses dimensions anthropologiques, techniques et économiques, nous tenterons de cerner ses multiples relations à l’argent afin d’essayer de sortir des risques croissants d’un capitalisme de casino (Keynes, Strange).   

La session s’ouvre à partir d’un angle conceptuel mettant en œuvre « un désir d’universalité » par l’attachement et la confiance dans un équivalent général : l’argent. Dans un second temps, l’argent devient un enjeu d’une réappropriation collective, un bien commun, orienté par les notions l’entraide et la contribution. La variété des jeux de l’argent nous mènera ainsi, du pouvoir actuel de la financiarisation, à un emploi alternatif de la monnaie envisagé comme le support d’une valeur sociale et écologique. Renforçant le besoin d’une économie de la contribution par la monnaie. 

  • Olivier Aïm, (Paris Sorbonne) « Le jeu de l’argent chez Simmel : entre mouvement et inertie, entre liberté et attachement »  
  • Armen Khatchatourov, (DICEN-Un. Gustave Eiffel) « De la monnaie à la donnée : quelle institutionnalisation pour quelle confiance ?    
  • Jacques Prades, (Un. de Toulouse) « Nouvelle économie sociale : l’argent au service de la coopérative »,  
  • Franck Cormerais, (Un. Bordeaux-Montaigne) « De la monnaie à l’éco-monnaie contributive »  

6 juillet – 14h-16h30 

Séance 5 – Jeu et savoir 

Design et développement des jeux numériques face aux IA. Enjeux éducatifs, industriels, et de design. 

Coordination : Vincent Puig, Olivier Landau, Brice Roy 

Cette dernière session se propose d’illustrer les enjeux industriels et de design relativement au développement des jeux numériques et en premier lieu dans le champ éducatif. Comment apprendre en jouant est une question récurrente en pédagogie. Mais quel espace de jeu reste-t-il dans la confrontation addictive à ChatGPT ou dans les nouvelles « sociétés de contrôle » que semblent dessiner certains métavers ? Comment maintenir une tension féconde entre le game et le play pour ouvrir à l’espace du savoir, c’est-à-dire à l’espace du désir ? Quel peut être le rôle du geste et des représentations temporelles dans cet équilibre ? Et quelles perspectives cela ouvre pour une nouvelle industrie du jeu ouvert et capacitant ? 

  • Vincent Puig, Riwad Salim (IRI) 
  • Brice Roy (ICAN) 
  • Mattieu Triclot (Un. Lyon 3) 
  • Thomas Morisset (Un. de Nice) 
  • Olivier Dauba (Ubisoft) 

17h-18h30 Discussion générale 

Next Events

  • Pas d'événement.

Calendar iCalendar

April 2025
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930EC

Plateformes ressources


Actualités



Networks   :
  • Twitter
  • Facebook
  • Delicous
  • FlickR
  • FlickR