SocialWeb

12, mars 2012  |  Publié : Projets  | 

Ce projet prend pour point de départ deux questions: « qu’est-ce que le social après Facebook ? » et « qu’est-ce que l’intelligence collective après le crowdsourcing? » Ces questions correspondent également aux deux critiques que l’on peut adresser aux développements technologiques de notre temps. La première concerne la destruction de l’individuation par les réseaux sociaux, qui promeuvent un individualisme extrême au sein duquel le collectif est considéré comme secondaire, une conséquence naturelle. Cette démarche ne voit dans le social qu’un substantialisme individualiste. La seconde conteste l’actuelle prolifération du « crowdsourcing » qui considère les individus comme une foule qui contribue sans savoir ce qu’elle fait et transforme les activités en ligne en activités essentiellement productrices, confondant la signification et l’investissement de travail. Il nous faut nous demander quelle sont les alternatives. Comment aller au-delà des Facebooks actuels et des modalités dominantes imposées par l’industrialisation ?

Le projet « SocialWeb » propose également de développer un modèle alternatif qui met le collectif au centre des réseaux sociaux et développe un espace favorisant ce que Bernard Stiegler appelle « l’économie de la contribution ». Il est également inspiré par le sociologue et psychologue américain Jacob Moreno qui inventa une discipline nouvelle au début des années 30, la « sociométrie », qui devint le paradigme de l’analyses des réseaux sociaux (en particulier de leur représentation graphique). De Moreno, nous retiendrons le principe consistant à organiser la socialité à partir des atomes sociaux. L’autre référence importante du projet est le philosophe français Gilbert Simondon qui propose de comprendre l’individuation à la fois psychique et collective, dans laquelle individu et le groupe ne peuvent être séparés. En ce sens, Moreno et Simondon occupent des positions extrêmes l’un vis-à-vis de l’autre. La théorie simondonienne de l’individuation collective peut servir de remède à individualisme technologique mais les chevauchements entre les deux nous intéressent aussi.

Un prototype de réseau social sera développé qui prendra pour point de départ les groupes et non les individus, et offrira aux utilisateurs des outils pour les créer et les administrer. Il entend souligner l’importance de l’anonymat au coeur des interactions sociales et de la dynamique des groupes. Ce projet est financé par l’« Office of Naval Research Global », sous la coordination d’Alexandre Monnin et Harry Halpin. La recherche en est assurée par un chercheur postdoctorant, Yuk Hui, et l’implémentation du système par une ingénieure, Julia Anaya.

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